Selon les informations d'Europe 1, Imed Mohieddine, dit "Jo", figure du grand banditisme parisien, a été condamné par défaut la semaine dernière par la cour d'assises de Paris à 30 ans de prison pour une tentative de meurtre dans un bar de nuit de la rue de Ponthieu en 2014.
Un verdict lu en toute discrétion. Il n'y avait pas grand monde à ce procès, à commencer par le principal accusé, bien connu des services de police judiciaire spécialisée pour appartenir au premier cercle du clan Hornec, manouches sédentarisés de Montreuil-sous-Bois et désignés comme les parrains de la pègre parisienne.
La cour d'assises de Paris a condamné par défaut, mercredi dernier, Imed Mohieddine, surnommé par ses amis "Jo", "l'Indien" ou "Tonton", à 30 ans de prison pour tentative de meurtre avec mandat d'arrêt et inscription au fichier des personnes recherchées d'Interpol. Le caïd, âgé de 64 ans, avait pourtant été convoqué pour une affaire dont il a du mal à se débarrasser.
"Cette affaire illustre les difficultés qu'a la justice française à réclamer les justiciables pour les juger en France"
Les faits remontent au 12 janvier 2014 et se nouent dans l'ambiance tamisée d'un bar de nuit de la rue de Ponthieu, dans le 8e arrondissement de Paris. Vers 7h du matin, lors d'une "after", le voyou, spécialiste des braquages et des extorsions en tous genres, vide son chargeur sur le patron de l'établissement.
Atteint de trois balles, il s'en sortira miraculeusement. Sachant qu'il allait rapidement être inquiété, "Jo" s'enfuit d'abord en Italie, puis en Tunisie et en Algérie. La justice française est à ses trousses, un mandat d'arrêt international est émis.
Il est finalement repris en 2017 en Algérie, avant d'y être condamné pour ces faits à 13 ans de prison en 2020, peine ramenée à cinq petites années en appel. Les parties civiles n'ont même pas été convoquées. Insuffisant pour la justice française qui a attendu le retour sur le territoire national du voyou pour le juger à nouveau pour cette tentative de meurtre, trop légèrement sanctionnée par la justice algérienne.
"Cette affaire illustre les difficultés qu'a la justice française à réclamer les justiciables pour les juger en France", commente un proche de l'affaire. Dans son livre, Les secrets de l'antigang (Plon), l'ancien commissaire Yves Jobic avait prophétisé le renouvellement de son mandat d'arrêt international par le parquet de Paris, "bien décidé à le faire rejuger devant les assises pour la malencontreuse fusillade, et ce, dès qu'il reviendra en France, en décomptant au besoin la durée de sa détention en Algérie".
Où se trouve désormais Imed Mohieddine ? En France ? Est-il resté en Algérie ? Où se cache-t-il ailleurs ? Il sait qu'il va rapidement avoir les policiers de la brigade des fugitifs dans son dos. Une nouvelle cavale pour ce braqueur chevronné ?