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Fraude au logement social, soupçons contre le député LFI Carlos Bilongo… Ce que révèle l’enquête de «L’Incorrect» et de «Radio Courtoisie»

Invité de "Christine Kelly et vous", Pierre-Alexandre Bouclay, directeur de Radio Courtoisie, raconte l'enquête menée par son média, et "L'Incorrect", sur un logement social officiellement occupé par le père du député LFI Carlos Bilongo, après son décès.

Mais qui a occupé ce logement social toutes ces années ? C'est une des zones d'ombre de l'enquête menée conjointement par L'Incorrect et Radio Courtoisie autour d'un appartement géré par la SA Caisse des Dépôts Habitat Social à Villiers-le-Bel (Val d'Oise), au nom d'Emmanuel Bilongo, le père de Carlos Bilongo, député LFI. Problème, Emmanuel Bilongo, décédé en 2016, était censé occuper ce logement jusqu'en 2023. Invité de "Christine Kelly et vous" ce lundi, Pierre-Alexandre Bouclay, directeur de Radio Courtoisie, raconte les tenants et les aboutissants cette enquête.

Un appartement officiellement occupé par un mort

"Pour nous, ça a commencé par deux documents que nous avons pu nous procurer. D'abord, un jugement du tribunal de Gonesse daté de novembre 2022. Dans ce jugement, nous apprenions que M. Bilongo père avait occupé un logement social à Villiers-le-Bel dans le quartier des Neuf-Arpents à partir de 2013. Il paye toujours son loyer rubis sur l'ongle. Mais à partir de fin 2021, cessation de paiement totale et malgré les relances, silence radio."

La justice prend donc l'affaire en main et condamne le père du député, le 7 novembre 2022 à payer les loyers et à des "frais divers". 

"Et nous avons un deuxième document, qui est un courriel de la préfecture de police de Sarcelles, qui nous dit que l'expulsion de M. Bilongo père est prévue en août, mais que parce qu'il manque des effectifs de police et que c'est une expulsion sensible, il va falloir décaler à septembre", rapporte encore Pierre-Alexandre Bouclay.

En septembre 2023, l'expulsion d'Emmanuel Bilongo est donc programmée, mais ce dernier est mort en 2016. Dès lors, plusieurs questions se posent : qui a payé les loyers, et qui a vécu dans l'appartement depuis 2016 ? 

D'autant que le jour où les forces de l'ordre pénètrent dans l'appartement, il est vide. "Il n'y avait plus rien. Il était entièrement nettoyé, déserté. Il restait un matelas avec un sac de couchage dans une des pièces."

Une "omerta"

Et alors que les journalistes œuvrent pour dénicher le vrai du faux, ils se sont heurtés à "une omerta", selon le directeur de Radio Courtoisie. "Une source nous a dit 'j'ai trop peur, je serai en danger', un policier a dit 'j'ai peur de vous parler' et d'autres en revanche ont pu. Donc on est dans une sorte de climat de terreur, d'omerta où personne ne parle, les gens ont peur et personne ne témoigne de qui a bénéficié effectivement de ce logement pendant au moins six ans alors que le père de Carlos Bilongo était décédé."

Pour l'heure, personne n'est encore parvenu à percer le mystère autour de cet appartement. 

Reste qu'"on ne peut pas accuser gratuitement Carlos Bilongo", rappelle, prudent, Pierre-Alexandre Bouclay. "Peut-être qu'il est au courant et qu'il a été négligent et dans ce cas-là, c'est lui qui est en tort. Mais peut-être qu'il n'est pas au courant, et dans ce cas-là, peut-être qu'il aurait envie de se retourner contre CDC Habitat, qui a laissé le logement de son père décédé aux mains d'un inconnu. On ne sait pas, tout est possible."

Et si pour l'heure, Carlos Bilongo n'a pas souhaité répondre aux sollicitations des journalistes, il sera peut-être dans l'obligation de le faire : face à ces révélations et à d'autres soupçons, toujours en lien avec un logement social, la député Identité-Libertés Anne Sicard, a indiqué sur X avoir saisi le procureur de la République au titre de l'article 40.