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Francis Heaulme, «le routard du crime», renvoyé devant les assises pour le meurtre d'un agriculteur en 1989

Le tueur en série Francis Heaulme en octobre 2006. [OLIVIER MORIN / AFP]

Le "routard du crime" va repasser par la case tribunal après la réouverture d'un dossier judiciaire concernant le meurtre d'un agriculteur de 60 ans à Bédarrides, près d'Avignon. Le tueur en série de 67 ans, détenu dans le Haut-Rhin, avait déjà été condamné pour 11 meurtres.

Déjà condamné pour 11 meurtres, Francis Heaulme sera jugé pour un autre crime, commis en 1989 dans le Vaucluse. Le tueur en série a été renvoyé mardi devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine pour le meurtre de Jean-Joseph Clément, un agriculteur sexagénaire. L'homme de 60 ans avait été retrouvé le crâne fracassé par une pierre en août 1989 dans la petite ville de Bédarrides, près d'Avignon.

Francis Heaulme, 67 ans aujourd'hui, avait d'abord bénéficié d'un non-lieu dans cette affaire avant que l'instruction ne soit rouverte puis confiée au pôle "cold cases" de Nanterre. Un juge d'instruction de ce pôle a ordonné mardi son renvoi en procès pour meurtre devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine, conformément aux réquisitions du parquet, a appris l'AFP auprès de l'avocat Didier Seban, qui représente la fille de la victime, confirmant une information de franceinfo.

Une vie d'errance et de crimes

Surnommé le "routard du crime", Francis Heaulme a été condamné pour onze homicides commis entre 1984 et 1992, date à laquelle il a été incarcéré. Il a notamment été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre à coups de pierres de deux enfants à Montigny-lès-Metz (Moselle) en 1986. Les deux garçons avaient été découverts le crâne fracassé le long d'une voie ferrée.

Sa condamnation pour ces meurtres est devenue définitive en 2020 après le rejet de son pourvoi par la Cour de cassation.

Francis Heaulme entame en 1984, année de la mort de son père, une errance qui le mènera à travers 37 départements français. Il se déplace en train ou en auto-stop, trouvant refuge dans des structures comme les communautés Emmaüs. Son mode opératoire est dépourvu de planification et cède à des impulsions d'une violence extrême, une perte de contrôle qu'il qualifie lui-même de "voir rouge". Ses victimes, souvent croisées par hasard, sont perçues comme vulnérables : femmes seules, retraités ou enfants.

Son périple sanglant s'achève le 7 janvier 1992 avec son arrestation à Bischwiller (Bas-Rhin). L'enquêteur de la gendarmerie Jean-François Abgrall parvient à recueillir ses aveux en s'adaptant à la psychologie et au mode d'expression singulier du suspect.

"Une étape importante", dit l'avocat de la fille de l'agriculteur

"Enfin un procès!", a réagi mardi Me Seban, conseil de la fille de la victime, auprès de l'AFP. Pour elle, "c'est une étape importante pour que le meurtrier de son père soit jugé. Nous espérons que la justice se mobilise pour organiser vite un procès. Si la justice n'avait pas si vite abandonné cette piste ouverte par les aveux de Francis Heaulme, celui-ci serait jugé depuis longtemps", a-t-il commenté.

Début avril, le tueur en série, détenu à la maison centrale d'Ensisheim (Haut-Rhin), avait été hospitalisé à Nancy, avait annoncé le parquet du pôle "cold cases", sans donner davantage de précisions sur son état de santé.