Un TER reliant Rouen à Caen a déraillé en Seine-Maritime, faisant 44 blessés parmi les 186 passagers. Le procureur de Rouen confirme que les jours de la principale victime ne sont pas en danger. La piste de l'acte malveillant est privilégiée, un morceau de rail ayant été retrouvé sur la voie.
Ce drame s'est produit vendredi soir en Seine-Maritime. Un TER reliant Rouen à Caen a déraillé peu avant 20 heures, entre Tourville et Elbeuf-Saint-Aubin, au niveau de la commune de Cléon. Sur les 186 passagers présents à bord, 44 personnes ont été blessées. Six d'entre elles étaient encore hospitalisées samedi soir.
Une rame du train s'est couchée dans un ravin heureusement peu profond. Une jeune femme a été évacuée "en urgence absolue" et grièvement blessée, mais ses jours ne sont plus en danger, a confirmé samedi le procureur de Rouen, Sébastien Gallois. Les 43 autres blessés ont été légèrement touchés.
Les plans blanc et rouge alpha ont été déclenchés. Au total, 130 pompiers, cinq équipes médicales et 80 véhicules ont été mobilisés pour porter secours aux passagers.
Luna, l'une des passagères, choquée mais indemne, a témoigné de ces minutes de panique. "Au bout de 15 minutes, on a vu que le train commençait à trembler. On s'est dit qu'on avait sûrement percuté un animal. Puis on a vu que les valises tombaient, les lumières se sont éteintes. Il y a quelque chose qui est tombé sur nos vitres, qui s'est complètement brisé. Puis on a vu des arbres passer", raconte-t-elle. "Quand le train s'est arrêté, les gens nous ont tout de suite demandé si ça allait. On a évacué le train et les pompiers nous ont pris en charge. On a vu le premier wagon complètement couché. Comme on ne savait pas ce qui se passait, forcément, ça faisait peur".
Un morceau de rail retrouvé sur la voie, l'hypothèse criminelle se précise
Le conducteur du train a été testé négatif aux dépistages d'alcool et de stupéfiants. Selon la CGT Cheminots, il aurait aperçu un objet sur la voie peu avant le déraillement de la rame, une heure après qu'un précédent train avait emprunté le même itinéraire sans rien signaler d'anormal.
Le procureur de Rouen confirme que l'hypothèse principale reste celle de la présence, sur l'un des rails, d'un morceau de rail qui pourrait être à l'origine du déraillement. Les causes de cette présence sont pour l'instant inconnues et devront être établies par l'enquête.
Pour Jean-Baptiste Gastine, vice-président de la région Normandie en charge des transports, l'hypothèse d'un acte malveillant fait peu de doute. "Ce qui nous permet d'avancer ça, c'est aussi le fait que du côté des équipes de SNCF Réseau en Normandie, ils nous disent qu'il n'y a pas eu d'intervention de travaux sur ce secteur. Et à ce moment-là, si c'est un acte de malveillance, c'est un acte criminel de malveillance, parce qu'on aurait pu avoir des morts", a-t-il alerté.
L'enquête se poursuit
Une quinzaine d'enquêteurs de la police judiciaire étaient présents sur place en début d'après-midi samedi. La boîte noire du train a été saisie et plusieurs auditions sont prévues pour tenter de répondre aux deux questions centrales de l'enquête : qui, et pourquoi.