Les derniers chiffres de la délinquance montrent une forte hausse des violences sexuelles enregistrées en juin, dans le sillage de l'affaire Lyhanna. Une priorité donnée au traitement de ces dossiers qui s'accompagne d'un recul des interpellations pour trafic de stupéfiants, selon le ministère de l'Intérieur.
Les chiffres de la délinquance du mois de juin, publiés par le ministère de l'Intérieur, sont scrutés de très près. Ils illustrent les craintes d'un certain nombre d'acteurs de la sécurité dans le contexte de l'affaire Lyhanna, où il a été demandé aux policiers et aux gendarmes de traiter en priorité les plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. Conséquence : les interpellations pour trafic de stupéfiants sont en baisse.
Les violences sexuelles en hausse de 77%
Les violences sexuelles enregistrées par les forces de l'ordre progressent de 77% sur le seul mois de juin. Cette hausse s'explique par deux raisons. D'abord, les efforts engagés par les policiers et les gendarmes depuis l'affaire Lyhanna. Ils reprennent les procédures et les plaintes afin de les réenregistrer correctement. Cet important travail de consolidation a mécaniquement fait augmenter le stock.
Autre explication avancée par le service statistique de la Place Beauvau : la médiatisation de l'affaire Lyhanna a pu encourager certaines victimes à porter plainte, y compris pour des faits anciens. En revanche, cette priorisation de l'action policière en matière de violences sexuelles sur mineurs n'est pas sans conséquence, notamment sur la lutte contre les stupéfiants.
Le nombre de mis en cause pour trafic de drogue chute de 13%
Le nombre de mis en cause pour trafic de drogue a baissé de 13% le mois dernier. Cet indicateur, qui reflète l'activité des policiers et des gendarmes, est celui qui enregistre la plus forte baisse.
Enfin, dernière tendance, et non des moindres : la hausse des homicides (+37% d'avril à juin par rapport au trimestre précédent). Une évolution qui s'inscrit dans l'augmentation du nombre de victimes d'homicides, en hausse de 8% depuis le début de l'année 2025, soit un meurtre toutes les sept heures sur le territoire.