Une passe d'armes oppose la place Beauvau au Syndicat de la magistrature, accusé de dénoncer des violences policières disproportionnées. Le ministre de l'Intérieur parle d'accusations sans fondement, tandis que les commissaires, qui comptent 460 blessés dans leurs rangs, réclament la saisine du CSM.
Laurent Nuñez est monté au créneau ce dimanche matin pour défendre policiers et gendarmes. Le Syndicat de la magistrature les accuse d'interventions brutales et disproportionnées lors des blocus lycéens, des accusations que le ministre de l'Intérieur juge graves et sans fondement. Cette polémique éclate au terme d'une semaine de violences.
Vingt-quatre collèges ou lycées ont été saccagés ou incendiés depuis le début de la mobilisation, et des agressions barbares contre des policiers ou des enseignants se sont multipliées à La Ciotat, à Marseille ou à Belfort.
Laurent Nuñez récuse toute violence disproportionnée
Pour le ministre, les forces de l'ordre ne répriment pas la jeunesse. Elles protègent et encadrent les élèves et les étudiants qui veulent porter pacifiquement leurs revendications. Sa réponse vise le communiqué du Syndicat de la magistrature, qui dénonce des gazages, des interpellations brutales et des violences visant notamment les jeunes racisés issus des quartiers populaires.
Les commissaires dénoncent une "insulte" aux 460 policiers blessés
Ce texte provoque aussi la colère des commissaires de police. Pour leur secrétaire général, Frédéric Lauze, ce communiqué est une insulte pour les 460 policiers blessés ces derniers jours. "Aujourd'hui, nous avons une partie des magistrats, ce syndicat, qui bafouent totalement les principes républicains. C'est pour ça que c'est extrêmement grave. Vous avez un syndicat pyromane, c'est d'une extrême dangerosité", s'indigne-t-il. "
C'est une fonction noble qui demande neutralité, impartialité", ajoute-t-il à propos du métier de juger. Frédéric Lauze réclame la saisine du Conseil supérieur de la magistrature. Il en appelle aussi à l'intervention d'Emmanuel Macron et du garde des Sceaux, Gérald Darmanin.