Le parquet de Valence a annoncé mercredi faire appel de l'ordonnance qui renvoie onze jeunes hommes devant les assises pour le meurtre de Thomas Perotto aggravé par des propos racistes contre les Blancs. Deux des avocats de la défense avaient précédemment annoncé qu'ils allaient contester cette ordonnance.
Le parquet de Valence a annoncé mercredi faire appel de l'ordonnance qui renvoie onze jeunes hommes devant les assises pour le meurtre de Thomas Perotto aggravé par des propos racistes contre les Blancs, en novembre 2023 à Crépol.
Deux des avocats de la défense avaient précédemment annoncé qu'ils allaient contester cette ordonnance de mise en accusation rendue vendredi par les juges d'instruction chargés de ce dossier très sensible politiquement.
La décision du parquet permet que le dossier soit examiné dans son intégralité par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Grenoble, et non uniquement pour les accusés représentés par ces avocats, a expliqué à l'AFP le procureur de Valence Laurent de Caigny, confirmant une information du Dauphiné Libéré.
"Loi du silence"
En raison d'une "loi du silence" qui a rendu leur travail difficile, les enquêteurs n'ont pas pu déterminer quel accusé a porté le coup mortel au rugbyman de 16 ans, lors de violences survenues à la fin du bal de l'hiver du petit bourg de Crépol qui ont également fait plusieurs blessés graves.
Dans leurs conclusions que l'AFP a pu consulter, les juges d'instruction ont donc retenu le concept pénal de "scène unique" qui permet de juger tous les membres d'un groupe pour un crime, au motif qu'ils ont tous pris part aux violences.
L'un des accusés étant âgé de 17 ans au moment des faits, les magistrats ont demandé qu'ils soient tous jugés par la cour d'assises des mineurs de la Drôme, avec un douzième accusé, lui, de violences volontaires avec arme.
Discrimination envers "la race blanche"
Les juges d'instruction ont également retenu la circonstance aggravante de "discrimination objective" envers "la race blanche et la nation française", sur la base des déclarations de témoins qui assurent notamment avoir entendu : "on est là pour planter des Blancs et tuer des Français" ou "sale Français de merde".
Le parquet s'était opposé à l'ajout de cette circonstance aggravante, considérant que les témoignages étaient "minoritaires", "imprécis" et "contradictoires".
Mais pour les juges d'instruction, 19 témoins "directs" ont rapporté ces propos hostiles aux personnes blanches, quelques heures seulement après les faits, ce qui a limité le risque de concertation. Avec cette circonstance aggravante, les onze accusés encourent la perpétuité. Un procès n'est pas attendu avant fin 2027, voire début 2028.