Le projet de construction d'un pavillon d'accueil dans l'enceinte de l'Assemblée nationale continue de faire débat. Relancé ces dernières semaines, il crispe par son prix, mais également par l'usage massif du verre prévu par les architectes.
Suspendu ces derniers mois après les nombreuses critiques à son égard, le projet de construction d'un pavillon d'accueil dans l'enceinte de l'Assemblée nationale est relancé. Le permis de construire a été déposé le 16 juin dernier, bien que ses opposants continuent de réclamer son retrait pur et simple.
Le projet prévoit la démolition de l"actuel pavillon d’accueil, construit en pierre de taille en 1888, pour le remplacer par un bâtiment contemporain à deux étages largement vitré. Une transformation qui suscite une vive opposition, notamment de la part de l"association Sites & Monuments, à l"origine d"une pétition intitulée "Non à l"enlaidissement de Paris par l"Assemblée nationale", qui a recueilli près de 70.000 signatures.
"Un caprice de Yaël Braun-Pivet"
L'association "Sites et Monuments" dénonce un projet qui enlaidirait irrémédiablement l'Assemblée et évoque une "atteinte architecturale" à un site caractérisé par sa minéralité, sa symétrie et son équilibre".
Son président, Julien Lacaze, affirme notamment que la Commission du Vieux Paris, chargée d’examiner les projets architecturaux dans la capitale, aurait émis de fortes réserves. "Elle qualifie ce projet de plaisanterie, elle explique qu'on casse toute la perspective, que c'est monstrueux, que c'est un acte d'une très grande prétention", dénonce-t-il.
Mais au-delà de l'inesthétisme, ce qui interpelle les opposants au projet, ce sont aussi les 50 millions d'euros que l'Assemblée a prévu d'y consacrer. "Une débauche d'argent public scandaleuse qui doit cesser" pour Ségolène Royal, "un caprice de Yaël Braun-Pivet" selon le député RN Frédéric Falcon, pour qui "les Français n'ont pas à subir les goûts douteux et dispendieux de la macronie finissante".
La pétition insiste enfin sur l'usage massif du verre prévu par les architectes, lequel serait totalement inapproprié en temps de canicule en raison des risques liés à la surchauffe des bâtiments..
Face aux critiques, la présidence de l'Assemblée nationale assure que le projet respecte les règles habituelles d'urbanisme et de protection du patrimoine. Yaël Braun-Pivet qualifie notamment le visuel largement diffusé par ses opposants de "fake grossier" et rappelle que le dossier est soumis "à la stricte procédure de droit commun".
La présidence de l'institution défend également un projet destiné à moderniser les conditions d'accueil des visiteurs et à répondre aux contraintes de sécurité, tout en affirmant que l'intégration architecturale du bâtiment a été étudiée.