Après l'afflux massif de migrants à Ceuta, la France renforce ses contrôles à la frontière avec l'Espagne. Les forces de l'ordre redoutent une hausse des arrivées par les Pyrénées alors que la période estivale, déjà très chargée, met les policiers sous tension.
Quatre jours après la crise migratoire à Ceuta, en Espagne, la colère de certains pays européens, comme l’Italie, ne retombe pas. Jeudi dernier, près de 60.000 migrants marocains sont parvenus à entrer illégalement en Espagne. Même si le gouvernement espagnol assure que près de 48.000 migrants sont retournés au Maroc, 22 dirigeants de l’Union européenne réclament une réunion d’urgence.
Face à la situation, la France a renforcé les contrôles à la frontière franco-espagnole. Dans le Sud-Ouest, les forces de l’ordre craignent de se retrouver dans une situation explosive au mois d’août.
"C’est une grosse inquiétude"
Car même si une grande partie des migrants est repartie vers le Maroc, certains sont passés entre les mailles du filet et vont tenter de rejoindre la France par les Pyrénées. Laurent Vitiello, policier à Saint-Jean-de-Luz et délégué départemental du syndicat Alliance, redoute que cette situation ne renforce une délinquance déjà bien présente dans le Sud-Ouest.
"C’est une grosse inquiétude. Aujourd’hui, tout le monde dit que le secteur de la côte basque est une zone tranquille. Mais c’est faux. C’est une zone frontalière avec ses passages, une délinquance qui augmente, avec des cambriolages sur la commune d’Hendaye, par exemple, qui sont en nette augmentation. Tout cela est dû à ces passages frontaliers illégaux", s’inquiète-t-il.
Une situation d’autant plus redoutée que les policiers sont déjà sursollicités tout au long du mois d’août. "Nous sommes à flux tendu, avec toutes les férias qui vont arriver. Les férias de Dax vont débuter, mais on a également une forte affluence sur la côte basque avec la période estivale. Et il va falloir gérer ce flux migratoire", précise-t-il.
Ainsi, 334 policiers et gendarmes ont été envoyés en renfort à la frontière franco-espagnole ce week-end, soit cinq fois plus que le nombre d’effectifs habituellement déployés.