Après dix jours d'incendie, la Gironde entrevoit enfin une accalmie. Si le feu n'est pas encore fixé, plus de 160.000 habitants ont pu regagner leur domicile. Les professionnels du tourisme, durement touchés par les évacuations, espèrent désormais sauver leur saison grâce aux vacanciers du mois d'août.
En Gironde, le feu est toujours stabilisé, mais pas encore fixé. 42.000 hectares sont partis en fumée en dix jours, soit plus de quatre fois la superficie de la ville de Paris. Si certains secteurs restent encore actifs, cela empêche les autorités de déclarer officiellement l'incendie totalement fixé. Avec la baisse des températures et la hausse de l'humidité, les conditions météorologiques permettent désormais de garder espoir. Les habitants ont le sentiment de retrouver peu à peu le chemin d'une vie normale et de voir la situation s'améliorer nettement. C'est en tout cas le constat dressé par la préfète de Gironde.
La vie reprend donc progressivement, avec plus de 160.000 des 220.000 personnes évacuées désormais autorisées à regagner leur domicile. Après plusieurs jours sans activité, alors que plusieurs milliers de professionnels du tourisme n'ont enregistré aucune recette en raison des évacuations, les gérants d'hôtels, de campings et de restaurants comptent désormais sur les vacanciers du mois d'août pour remonter la pente.
"Ne nous abandonnez pas"
À Saint-Médard-en-Jalles, cette commune où de nombreux touristes font étape avant de rejoindre Arcachon, la plupart des commerces ont rouvert ce vendredi matin. Morgane, fleuriste, attend fébrilement le retour des vacanciers. Dans le contexte actuel, c'est presque une question de survie.
"On a fermé le vendredi, jour où le stock de fleurs arrive. À savoir que nous, on exerce un métier où tout est périssable. On est à pratiquement 7.500 euros de pertes. Donc là, on a rouvert ce matin. Alors, on sait que, dans tous les cas, une perte ne se récupère pas. On a quand même pas mal de touristes, mais toute cette clientèle-là, on n'est pas sûr de l'avoir cette année. Est-ce qu'ils vont venir, sachant tout ce qui se passe ? On a peur que ce soit vraiment une année catastrophique", s'inquiète-t-elle.
Sophie, dans sa boutique de vêtements, attend avec impatience les aoûtiens : "On a fermé pendant 5 jours. Ça se chiffre entre 3.000 et 5.000 euros. Aussi, on a les fournisseurs qui continuent à prélever et les charges qui continuent de tomber. Il fallait que ça se termine et qu'on puisse réouvrir."
Une réouverture préparée avec minutie par Arnaud dans son bar-restaurant très apprécié des touristes. "On nettoie les tables, on remet la machine à café, on dépoussière toutes les bouteilles avec les cendres qui se sont infiltrées un petit peu à l'intérieur. Maintenant, il n'y a plus qu'à attendre les clients", se réjouit-il.
Encore faudrait-il en avoir. Franck, vendeur d'accessoires pour téléphone, en doute énormément : "J'ai des touristes qui viennent ici parce qu'ils ont oublié des choses à la maison comme des chargeurs. Ils ne sont pas venus, ils sont repartis et ils ne reviendront plus. L'image de marque, c'est-à-dire les pinèdes complètement brûlées, c'est vrai que ça fait peur. Les gens qui ont prévu des vacances au camping se disent qu'ils ne vont pas y aller."
Une crainte partagée par de nombreux professionnels. Le principal syndicat des hôteliers-restaurateurs de Gironde vient d'ailleurs de lancer en urgence une campagne de communication en cinq langues. Son slogan : "Ne nous abandonnez pas."