Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Incendies : la réponse pénale face aux incendiaires au cœur des critiques

Si la piste accidentelle est parfois privilégiée, les incendies volontaires ne sont pas des cas isolés. [Philippe Lopez / AFP]

Alors que les incendies ravagent encore plusieurs régions françaises, la question de la réponse judiciaire face aux incendiaires revient au premier plan. Malgré des peines pouvant aller jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité, les condamnations prononcées restent souvent bien inférieures aux attentes des élus et des victimes.

Les images du pays dévasté par les flammes sont d'autant plus regrettables que la quasi-totalité des incendies pourraient être évités. Neuf départs de feu sur dix sont d'origine humaine. Et si la piste accidentelle est parfois privilégiée, les incendies volontaires ne sont pas des cas isolés, comme le rappelait ce jeudi matin le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez devant la presse.

"Dans 70 % des cas, ces incendies sont criminels. On a procédé depuis le début de cette séquence à 275 interpellations qui se sont traduites par 31 détentions", a-t-il déclaré. Laurent Nuñez appelle une nouvelle fois à la plus grande fermeté face aux incendiaires. Mais la réponse pénale ne semble pas toujours à la hauteur des attentes.

"Le code pénal, il existe"

La peine la plus lourde prononcée pour le moment est de quatre ans de prison, dont 18 mois avec sursis. Une sanction infligée par le tribunal de Mont-de-Marsan à l'encontre d'un sans-domicile-fixe qui a provoqué deux incendies en jetant un mégot par terre. D'autres pyromanes ont, eux, écopé de deux ans de prison ou encore de 18 mois, dont six fermes, avec possibilité de porter un bracelet.

Très peu d'incarcérations donc, avec tout juste 10 % des mis en cause interpellés. Très loin de ce que prévoit le code pénal, ce que fustige Matthieu Valet, député européen du Rassemblement national, invité ce jeudi matin de la Grande Interview sur Europe 1. "Au RN, on dit qu'il faut appliquer la loi. Quand on dégrade des biens par incendie ou des forêts et que ça met gravement en danger la vie des gens, c'est 10 ans. Le code pénal, il existe", a-t-il clamé.

Les peines peuvent même aller jusqu'à 20 ans de prison si l'incendie a gravement blessé quelqu'un et s'il y a un décès. Le pyromane encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Mais ça, c'est donc sur le papier puisque, dans les faits, ces sanctions sont rarement prononcées. Alors, pour renforcer l'arsenal judiciaire, le député UDR Matthieu Bloch vient de déposer une proposition de loi, un texte qui doit être débattu à la rentrée, en septembre prochain.