C'est une découverte qui pourrait constituer une avancée importante et changer la vie de nombreux malades dans le monde. Des chercheurs japonais ont identifié ce qu'ils décrivent comme "une graine" de protéine à l'origine du déclenchement de la maladie d'Alzheimer. Une découverte qui pourrait, à terme, mener à la création d'un médicament.
Une découverte qui devrait intéresser les chercheurs spécialisés dans les maladies neurodégénératives. Des chercheurs du Centre national de neurologie et de psychiatrie de Tokyo auraient découvert ce qui pourrait être à l'origine du déclenchement de la maladie d'Alzheimer.
Depuis plusieurs années, les spécialistes savaient que cette maladie détruit progressivement les connexions entre différentes régions du cerveau. Un phénomène provoqué par une accumulation anormale d'amyloïde bêta, une protéine qui s'accumule, formant ainsi des amas qui viennent tuer les cellules nerveuses.
Une graine sur laquelle des protéines viennent se fixer
Les chercheurs japonais ont isolé différentes formes de bêta-amyloïde, prélevées dans des cerveaux de souris. Ils en ont distingué trois qui ont ensuite été injectées dans l'hippocampe d'autres souris génétiquement modifiées.
Quatre mois plus tard, les scientifiques ont constaté qu'une seule forme avait provoqué l'apparition de nouveaux dépôts de bêta-amyloïdes, celle qui contenait de très grands assemblages de cette protéine. C'est ainsi qu'ils ont trouvé cette "graine" qu'ils ont baptisée "le Peak 1 amyloïde bêta".
Après avoir autopsié le cerveau de personnes atteintes de la maladie, ils ont retrouvé ce Peak 1 amyloïde bêta. Son injection dans des souris a provoqué une accumulation similaire de bêta-amyloïde. Le rôle de cette graine dans l'apparition de la maladie venait d'être confirmé.
Vers de nouveaux traitements pour bloquer l'apparition de la graine
Les chercheurs estiment que cette découverte pourrait ouvrir la voie à de "nouveaux traitements et à des stratégies de prévention visant à empêcher les plaques de se former". Cependant, pour le moment, le Peak 1 amyloïde bêta ne peut être détecté que sur des tissus cérébraux congelés.
Les scientifiques doivent à présent travailler sur une méthode non invasive pour détecter cette structure. L'équipe du Dr Tadafumi Hashimoto, principal auteur de la recherche, travaille déjà sur une molécule pour empêcher cette graine de rester stable dans le cerveau.
De nouvelles études pourront désormais être lancées afin de développer de nouveaux traitements visant à empêcher l'apparition de ce germe protéique. Actuellement, les traitements disponibles, comme le lecanemab ou le donanemab, visent à éliminer ou à réduire les plaques déjà présentes dans le cerveau. La découverte de cette "graine" pourrait, à terme, permettre d'agir encore plus tôt en empêchant leur formation.