Au CRA du Mesnil-Amelot, une enquête administrative a été lancée après des soupçons concernant l’introduction d’objets religieux et l’aménagement d’une salle de repos en espace de prière. Pour Georges Fenech, invité d’Eliot Deval, France terre d’asile a "outrepassé son rôle".
Une enquête administrative a été ouverte après des accusations visant l’association France terre d’asile, soupçonnée d’avoir introduit des objets et documents religieux islamiques au sein du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne. Invité dans l’émission "Eliot Deval et vous", l’ancien magistrat et député Georges Fenech a estimé que l’association aurait dépassé le cadre de ses missions.
Selon les éléments rapportés, des tapis de prière ainsi que des ouvrages coraniques auraient été introduits dans l’établissement. Des membres de l’association auraient également réaménagé une salle de repos afin d’en faire un espace dédié à la prière. Ces faits font désormais l’objet de vérifications dans le cadre d’une enquête administrative.
Georges Fenech a rappelé que l’exercice du culte est un droit reconnu dans les lieux de privation de liberté. "Dans tous les lieux de privation de liberté, il est prévu par la loi, par les textes internationaux, l’exercice du culte", a-t-il expliqué, évoquant notamment la présence d’aumôniers dans les établissements pénitentiaires.
Oui, à condition que ...
Pour lui, si le droit à la pratique religieuse existe dans les CRA, celle-ci doit être encadrée et respecter certaines règles. "Les textes du Code des étrangers et du droit d’asile prévoient aussi la possibilité d’exercer son culte. Oui, mais il faut une autorisation", a-t-il souligné.
Georges Fenech estime que le point central de l’affaire concerne le rôle de l’association. Selon lui, France terre d’asile n’avait pas à organiser elle-même un espace de culte au sein d’un établissement de privation de liberté. "Il n’appartient pas à une association d’organiser ce culte à l’intérieur d’un établissement de privation de liberté, en l’espèce le CRA. Donc ils ont outrepassé leur rôle, outrepassé leur pouvoir", a-t-il déclaré.
L’ancien magistrat considère que c’est précisément cet aspect qui devra être examiné par l’enquête administrative en cours. Celle-ci devra notamment déterminer les conditions dans lesquelles ces objets et documents ont été introduits dans le centre et si les règles encadrant l’exercice du culte ont été respectées.