À la Pitié-Salpêtrière, des médecins ont décidé d'arrêter les soins sur un patient en cas de complications de son état de santé contre sa volonté. L'homme, âgé de 60 ans, souffre d'une hépatite C, d'une cirrhose sévère du foie, et de lourdes séquelles neurologiques consécutives à plusieurs AVC. Malgré son état de santé très grave, il veut continuer d'être soigné pour survivre contre l'avis des médecins.
En juin dernier, un homme de 60 ans est hospitalisé à la Pitié-Salpêtrière avant de tomber dans le coma. L'équipe médicale décide alors de limiter les soins et de les arrêter en cas de décompensation de son état de santé.
Or, depuis, le patient s'est réveillé. Et malgré son état de santé très grave, il a exprimé sa volonté de poursuivre les soins. Mais la décision collégiale des médecins ne change pas. Ce que conteste l'avocat du patient, Me Pinatel.
"Il exprime la volonté d'être soigné et on lui applique un cadre juridique d'inconscience"
"C'est une décision qui doit être prise quand le patient est inconscient. Mais là, il est réveillé, il exprime la volonté d'être soigné et on lui applique un cadre juridique d'inconscience. Soit au nom de la liberté thérapeutique des médecins, on pourrait passer outre la volonté du patient".
La famille du patient, désespérée, saisit le tribunal administratif et le Conseil d'État. Les deux instances rejettent leur demande, considérant que les traitements ne doivent pas relever d'une "obstination déraisonnable".
La décision du corps médical peut donc s'appliquer. Conséquence, si l'état de santé du patient se dégrade, il ne sera pas réanimé... contrairement à sa volonté.