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Dette : ce que change le franchissement du seuil des 4% des taux d'emprunt pour la France

Le seuil symbolique de 4% pose la question du coût des intérêts de la dette publique de la France. [© Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

 Les taux d'emprunt de la France à dix ans ont franchi le seuil symbolique des 4%, une première depuis 2009. Cette hausse, liée aux tensions inflationnistes, à la politique monétaire et au risque budgétaire, pourrait renchérir progressivement le coût de la dette publique, qui dépasse 3.500 milliards d'euros.

Les taux auxquels la France emprunte sur dix ans ont dépassé jeudi le seuil de 4% pour la première fois depuis juin 2009, tandis que le taux allemand à dix ans était au plus haut depuis 2011, à 3,20%.

Le seuil symbolique de 4% pose la question du coût des intérêts de la dette publique de la France, qui se situe au niveau record de 117% du produit intérieur brut (PIB) du pays, à plus de 3.500 milliards d'euros.

A 09H47 à Paris (07H47 GMT), les titres de la dette française à dix ans affichaient un rendement de 4,014%. Sur un marché volatil, le taux était redescendu à moins de 4% vers 10H15 (08H15 GMT).

En Allemagne, le rendement du "Bund" (l'emprunt à dix ans) a affiché 3,20%, au plus haut depuis 2011. Il est retombé à 3,19% vers 10H15.

Plus ce taux est élevé, plus la facture de la charge de la dette augmente 

Ces taux à 10 ans correspondent au rendement qu'exigeront à partir de ce jeudi les investisseurs français et étrangers pour prêter à la France et à l'Allemagne pendant une décennie.

Plus ce taux est élevé, plus la facture de la charge de la dette augmente pour les finances publiques.

"Ce mouvement reflète à la fois les tensions inflationnistes liées à l’énergie, les anticipations de politique monétaire européenne et une prime de risque politique et budgétaire propre à la France", a expliqué l'analyste John Plassard, de Cité Gestion.

"La France ne refinance heureusement pas l’intégralité de sa dette chaque année, ce qui signifie qu’un passage de l’OAT (obligations assimilables au Trésor) à 4%" n’aura "pas d’effet instantané sur la totalité de la charge d’intérêts", a-t-il précisé.

Quelque 56% des créanciers de la dette de la France étaient "non-résidents" fiscaux fin 2025, contre 50,1% en décembre 2022, selon l'Agence France-Trésor (AFT), service de Bercy qui émet les obligations françaises.

Côté créanciers français, les compagnies d'assurance (9,6%), les banques (10,5%), les organismes de placement collectif (OPCVM, 1,8%) et une nébuleuse d'"autres créanciers" (22,2%) complètent le tableau des détenteurs des plus de 3.500 milliards d'euros de dette publique française à la fin du premier trimestre 2026.