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Enquête du PNF sur Edouard Philippe : un tribunal maintient le statut de la lanceuse d'alerte

Bastien Ohier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP [Bastien Ohier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Visé par une enquête judiciaire pour des soupçons de détournement de fonds publics, Edouard Philippe, ancien premier ministre et candidat à l'élection présidentielle, se défend d'avoir enfreint la loi et se dit "innocent". 

Le tribunal administratif de Paris a conforté cette semaine le statut de lanceuse d'alerte d'une ancienne cadre de la communauté urbaine du Havre, à l'origine d'une enquête du Parquet national financier (PNF) sur des soupçons de détournement de fonds publics visant Edouard Philippe.

Le maire du Havre, candidat à l'élection présidentielle, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêts et concussion au Havre, à propos d'un marché conclu entre la mairie et une association. Edouard Philippe se défend d'avoir enfreint la loi et se dit "innocent".

Des alertes à partir de 2021

"Judith" (prénom modifié), ancienne directrice générale adjointe à la communauté urbaine du Havre, a effectué des signalements dès 2021 sur un conflit d'intérêts présumé visant l'ex-Premier ministre.

Elle a ensuite dénoncé ces faits en 2023 au PNF, qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions. Puis elle a déposé en juin 2025 une plainte avec constitution de partie civile, ce qui entraîne automatiquement l'ouverture d'une information judiciaire.

À sa demande, "Judith" a été officiellement reconnue lanceuse d'alerte en janvier 2025 par le Défenseur des droits. En France, ce statut permet de bénéficier de mesures de protection, notamment contre d'éventuelles représailles ou poursuites.

Un avis signé "par une autorité incompétente"

La communauté urbaine Le Havre Seine Métropole, présidée par Edouard Philippe, avait saisi fin 2025 le tribunal administratif de Paris pour faire annuler l'avis par lequel le Défenseur des droits reconnaît la qualité de lanceuse d'alerte de "Judith". Elle affirmait notamment que cet avis avait été signé "par une autorité incompétente" et était entaché d'un vice de procédure.

Dans un jugement en date du 15 juillet que l'AFP a pu consulter, le tribunal administratif de Paris a rejeté cette requête de la communauté urbaine et l'a condamnée à verser 1.800 euros de frais de justice à son ancienne employée.

L'avis du Défenseur des droits ne porte que sur la qualité de lanceur d'alerte, pas sur les faits dénoncés par ce dernier, et ne porte donc pas préjudice à la personne visée par le signalement, a estimé le tribunal. Fin mai, Edouard Philippe avait déclaré qu'il resterait candidat à l'élection présidentielle même s'il devait être mis en examen dans cette enquête du PNF.