Plus de 100 gendarmes sont mobilisés sur cette opération, la même configuration que ce jeudi, sans les équipes cynophiles spécialisées dans les restes humains. Signe, peut-être, que la phase de recherche est sur le point de se terminer et qu'une nouvelle phase s'ouvre.
Celle des prélèvements et des analyses. Deux fémurs ont été retrouvés ainsi qu'un tibia sous un monticule de terre en bordure d'un champ. Il faut comprendre pourquoi Cédric Jubillar a choisi cet endroit pour enterrer son ancienne compagne.
Les ossements ont pu être dispersés, notamment par les animaux ou par les intempéries, voire même par les activités agricoles. Les os retrouvés vont permettre d'identifier formellement la victime. Le fémur, plus grand os du corps humain, même cinq ans après et très dégradé, peut encore contenir de l'ADN.
En revanche, cela sera sans doute insuffisant pour déterminer les causes de la mort si on en reste uniquement à ces trois ossements à disposition des enquêteurs.
Cédric Jubillar s'est "enferré dans un mensonge" qui l'a empêché d'avouer avoir tué son épouse Delphine fin 2020 dans le Tarn, "lors d'un débordement émotionnel très fort", a déclaré jeudi soir à l'AFP l'avocat du peintre-plaquiste.
Lors de ses aveux devant la justice mercredi, Cédric Jubillar, qui reconnaît avoir commis "un acte abominable", "a fait des déclarations spontanées pour livrer la vérité de façon absolue" pendant une heure et demie, a expliqué Me Pierre Debuisson.
"Il est revenu sur les circonstances du drame" qui a coûté la vie à l'infirmière de 33 ans à Cagnac-les-Mines (Tarn) en décembre 2020, et "sur les conditions dans lesquelles ce couple s'est dégradé, sur les tensions très fortes qu'il y avait de part et d'autre", toujours selon Me Debuisson.
Cédric Jubillar a aussi évoqué "l'élément déclencheur qui a fait qu'à un moment donné, il a été inondé et submergé par une émotion qui l'a dépassé, extrêmement forte, et qui a provoqué un passage à l'acte irréfléchi", a poursuivi l'avocat.
Les gendarmes vont tenter de faire parler ces ossements. Ils ont développé depuis trente ans une discipline tout à fait performante : l'archéologie criminalistique.
En clair, ils appliquent la méthodologie scientifique de l'archéologie à la scène de crime depuis les premiers prélèvements. Le petit os d'une phalange de la main peut par exemple révéler des traces de lutte.
Les gendarmes ont dans leurs rangs des anthropologues. Ces experts peuvent révéler des micro-détails, même sur des squelettes très dégradés.
Leur obsession sera de déceler dans les prochains jours les causes de la mort, mais aussi les incohérences vis-à-vis de la stratégie de défense de Cédric Jubillar. Retrouvez notre article ici.
La possible découverte du corps de Delphine Jubillar pourrait-elle bousculer le calendrier judiciaire ? Un nouveau procès était prévu à partir de septembre prochain, mais celui-ci pourrait être reporté.
Pour l’heure, le calendrier judiciaire reste officiellement inchangé. Mais il pourrait évoluer en fonction des résultats des expertises scientifiques menées sur les ossements retrouvés. Les prélèvements vont être transmis aux experts de la gendarmerie nationale, à Pontoise, afin d’être analysés. Retrouvez notre article ici.
Cédric Jubillar a conduit jeudi les gendarmes à l'endroit où il affirme avoir enterré le corps de son épouse Delphine, où des ossements ont été retrouvés, cinq ans et demi après la disparition de l'infirmière dans le Tarn.
Lors de ses aveux devant la justice mercredi, Cédric Jubillar, qui reconnaît avoir commis "un acte abominable", "a fait des déclarations spontanées pour livrer la vérité de façon absolue" pendant une heure et demie, a déclaré jeudi soir à l'AFP un de ses avocats, Pierre Debuisson.