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Violences sur mineurs : 88.000 signalements recensés cette année par l'Éducation nationale

[Amaury Cornu / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Edouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, a annoncé, mercredi 15 juillet, une hausse de "19%" des violences sur mineurs par rapport à l'an dernier. Une augmentation en lien avec l'application dans les établissements scolaires de l'éducation à la vie affective et à la sexualité.

88.000 signalements en une année. C'est le bilan communiqué par Edouard Geffray sur les violences concernant des mineurs. Présenté mercredi 15 juillet dans une interview accordée au Parisien, ce chiffre met en lumière le nombre de situations repérées par les équipes éducatives et transmises aux autorités compétentes. Parmi ces signalements, "37.000 ont été transmis à la justice". Soit une augmentation de "19%" par rapport à l'an dernier. 

Le ministre de l'Éducation nationale explique cette hausse, "au moins en partie", à l'application des séances dans les établissements scolaires de l'éducation à la vie affective et à la sexualité (EVAR-EVARS). Ces séances éveilleraient "les consciences des jeunes sur d'éventuels problèmes", a-t-il souligné. Pour rappel, ces séances sont obligatoires trois fois par an pour les élèves, depuis une loi de 2001, appliquée avec parcimonie jusqu'à l'année scolaire 2025-2026.

"Nous avons aujourd'hui 75% des élèves qui ont eu au moins une séance cette année", explique Edouard Geffray en rappelant que ce total n'était que de "15% en 2022". 

Une loi dure à faire appliquer

La loi de 2001 a été précisée en février 2025 avec la publication du programme "Evars" qui prévoit un apprentissage en plusieurs étapes et dès le plus jeune âge. Une éducation affective et relationnelle pour l'école maternelle et élémentaire, puis une éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité au collège et au lycée. 

En maternelle et en primaire, "95% des élèves ont eu au moins une séance et 63% trois séances", avance le ministre de l'Éducation nationale, tout en avouant que les taux sont beaucoup plus faibles dans le secondaire : "à peine un collégien sur quatre a eu ses trois séances, et au lycée, le taux tombe à 15%".

Selon lui, "la question de l'âge des élèves" explique ces résultats, précisant que "ce n'est pas forcément un sujet facile à aborder avec des adolescents". L'insuffisante formation des professeurs sur le sujet accompagnerait ces chiffres. Edouard Geffray souhaiterait également améliorer la "communication" autour de ces cours.

Ces résultats interviennent dans un contexte marqué par plusieurs affaires de violences et violences sexuelles sur mineurs, comme l'affaire Lyhanna, qui ont relancé le débat sur la protection de l'enfance et la capacité des institutions à réagir. Gérald Darmanin a annoncé à l'Assemblée nationale, mercredi 15 juillet, le recensement de 85.047 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, sur l'ensemble du territoire français. Un résultat au-delà des 70.000 initialement évoquées.