Alors que la France suffoque depuis plusieurs semaines sous des températures record, la barre symbolique des 50 °C se rapproche dangereusement. Une réalité longtemps considérée comme un scénario catastrophe peu crédible est aujourd'hui bien palpable.
40,7°C à Montpellier, 43,0°C à Moules-et-Baucels dans l'Hérault... Plusieurs records mensuels ont été battus en France ce mois-ci, soit la température la plus élevée jamais mesurée à ces points pour un mois de juillet.
26 départements étaient encore en vigilance rouge lundi 13 juillet, avant que le niveau d'alerte maximal ne soit levé par Météo-France ce mercredi. Les chaleurs extrêmes qu'a connues la France ces dernières semaines, et la répétition de ces épisodes à des intervalles très courts, laissent entrevoir une France sous 50°C dans un futur plus proche que ce que l'on pensait.
46,0 °C à Vérargues : le record officiel de température
En 2014, Évelyne Dhéliat présentait sur TF1 un faux bulletin météo pour août 2050, selon des prévisions hypothétiques de Météo-France. Annoncées comme un scénario catastrophe lié au réchauffement climatique, les températures moyennes y étaient autour de 40°C. Des projections qui se sont déjà réalisées et qui deviennent la norme.
Alors que le record absolu est de 46°C, enregistré à Vérargues, dans l'Hérault, le 28 juin 2019, non seulement il pourrait être battu cet été, mais il pourrait s'établir au-delà des 50°C, selon certains experts.
Quand le seuil des 50 °C peut-il être atteint ?
La question n'est plus "est-ce possible" mais "quand", alertait le climatologue au CNRS Christophe Cassou sur BFMTV en juin, qui n'excluait pas la possibilité que le seuil soit franchi au mois d'août. "Ça peut être cette année, ça peut être dans deux ans, ça peut être dans dix ans", a-t-il expliqué.
Le chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE) Pascal Yiou estime, quant à lui, que les conditions climatiques ne sont pas encore réunies pour que cette température soit atteinte aujourd'hui dans l'Hexagone.
"Il faut de hautes pressions, du ciel clair et un transport d'air chaud. Or, en France, ces trois phénomènes jouent les uns contre les autres. C'est pour cela qu'il ne fait pas 50°C aujourd'hui. On ira jusqu'à 42 ou 43°C mais c'est difficile d'aller plus haut", explique-t-il dans les colonnes de 20 Minutes.
Pour qu'il fasse plus chaud, "il faut que notre environnement soit plus sec. Et c'est ce qui va se passer", avertit-t-il. Dans l'hypothèse d'une France à +2,7°C par rapport à la période préindustrielle à l'horizon 2050, le seuil des 50°C sera sans aucun doute atteint, selon le scientifique. En revanche, la probabilité est plus faible dans le cas d'un réchauffement à +1,5°C.