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Coupe du monde 2026 : qu'est-ce que la guerre des Malouines, ce conflit non résolu qui oppose Angleterre et Argentine ?

Navire de guerre britannique à l'ancre dans le port extérieur de Stanley, sur l'île de l'Est, dans les îles Malouines
[Michael Nolan / Robert Harding RF / robertharding via AFP]

L'affiche entre l'Angleterre et l'Argentine ce mercredi soir en demi-finale de la Coupe du monde 2026 renvoie à un conflit vieux de près de deux siècles entre les deux pays autour de l'archipel des Malouines. Un contentieux encore très ancré dans les mémoires argentines et toujours non résolu à ce jour. 

"C'est un match de football, rien de plus". En conférence de presse d'avant-match, le sélectionneur argentin, Lionel Scaloni, a d'emblée mis de côté toute considération extra sportive avant cette demi-finale de Coupe du monde qui opposera ce mercredi soir l'Albiceleste à l'Angleterre. Pourtant, cette affiche fait forcément écho à l'un des plus vieux contentieux géopolitiques toujours non résolu à ce jour. Et surtout à un conflit armé, encore très ancré dans les mémoires argentines : la guerre des Malouines. 

Dès le XIXe siècle, les Malouines, archipel situé au sud de l'Océan Atlantique, font l'objet d'un différend entre l'Angleterre et l'Espagne, puissance coloniale dominante en Amérique du Sud, puis l'Argentine une fois l'indépendance de celle-ci obtenue. Depuis 1833, c'est l'Angleterre qui exerce une souveraineté pleine et entière sur les Malouines après l'expulsion de colons argentins. 

Un simple cessez-le-feu

Mais Buenos Aires ne compte pas faire de croix sur cet archipel riche en ressources halieutiques et dont le contrôle permet l'extension de la zone économique exclusive (ZEE) des deux pays. Il en va aussi de la crédibilité politique du régime de l'époque. Ainsi, en 1982, la junte militaire au pouvoir en Argentine décide d'envahir les îles Falkland - le nom donné aux Malouines par les Britanniques - afin d'y rétablir leur souveraineté. En face, la Royal Navy riposte et inflige une cuisante défaite aux Argentins qui perdront dans la bataille 649 soldats contre 255 morts côté britannique. 

Le Royaume-Uni, dirigé alors par Margaret Thatcher, surnommée la "Dame de fer", conserve donc sa souveraineté sur les Malouines après 74 jours de guerre. Côté argentin, difficile d'évacuer ce douloureux souvenir, d'autant que le conflit n'est toujours pas officiellement réglé. Si un cessez-le-feu permet, depuis plus de 40 ans, d'éviter que les armes ne parlent à nouveau, aucun accord n'a été conclu et l'Argentine continue de revendiquer sa souveraineté sur les Malouines, au point de l'inscrire dans sa Constitution en 1994. De son côté, Londres s'appuie sur le résultat d'un référendum organisé en 2013 lors duquel les habitants de l'archipel se sont massivement prononcés en faveur d'un maintien sous souveraineté britannique. 

"Pour les Malouines, pour Diego, pour la dernière de Léo" 

Les Malouines ont même été mentionnées par les joueurs de la sélection argentine dans une chanson entonnée dans le vestiaire après la victoire, dans la douleur, face à l'Égypte (3-2) en 8e de finale de cette Coupe du monde 2026. "Pour les Malouines, pour Diego (Maradona) et pour la dernière de Léo (Messi)", peut-on entendre dans les vidéos relayées sur les réseaux sociaux. 

Preuve que cette question outrepasse largement le cadre purement géopolitique et occupera sans doute une place dans les esprits argentins ce mercredi soir au moment de défier l'Angleterre pour une place en finale du Mondial dimanche soir face à l'Espagne.