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France–Paraguay : quand Laurent Blanc faisait basculer un huitième de finale historique lors de la Coupe du monde 1998

Incapable de trouver la solution dans le temps réglementaire, l'équipe de France s'en était remise à Laurent Blanc, décisif en inscrivant le but en or lors des prolongations (1-0, 114e). [PASCAL GEORGE / AFP]

À l’approche du huitième de finale entre l’équipe de France et le Paraguay en Coupe du monde 2026, retour sur le souvenir du duel de 1998. Dans une chaleur étouffante, les Bleus avaient dû attendre les prolongations et un but en or de Laurent Blanc pour écarter des Paraguayens accrocheurs et lancés par un immense José Luis Chilavert.

Comme un air de déjà-vu. Ce samedi, la France retrouve le Paraguay en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026, un remake de 1998. Il y a 28 ans, les Bleus avaient dû batailler face à de valeureux Paraguayens pour se hisser en quarts de finale de leur Mondial. Incapable de trouver la solution dans le temps réglementaire, l'équipe de France s'en était remise à Laurent Blanc, décisif en inscrivant le but en or lors des prolongations (1-0, 114e).

"Un gardien de but dans une forme assez exceptionnelle"

À l'occasion de cette nouvelle confrontation, le héros de 1998 revient sur cette difficile victoire qui avait lancé les Bleus vers leur première étoile. Et comme les coéquipiers de Kylian Mbappé, qui devront évoluer avec des températures élevées, Laurent Blanc se souvient d'une "journée qui avait débuté avec une grosse chaleur étouffante".

"Il faisait très chaud et c'est la seule fois de la Coupe du monde qu'on avait joué un match à 15 heures", rapporte-t-il au micro d'Europe 1. Ce jour-là, si la France avait bien préparé sa rencontre face à une "équipe très combattante avec des joueurs individuels d'un très bon niveau", deux éléments sont venus contrarier les plans d'Aimé Jacquet, sélectionneur des Bleus : la chaleur et une muraille dans les cages paraguayennes.

"On avait prévu d'essayer de prendre le match à notre compte et d'ouvrir le score assez rapidement si on pouvait. Le seul problème, c'est que la chaleur était là, les occasions ont été là, mais malheureusement, il y avait un gardien de but qui, ce jour-là, était dans une forme assez exceptionnelle et qui s'appelait José Luis Chilavert", raconte Laurent Blanc.

"Il y a un certain doute qui s'est installé"

Selon l'ancien international français, "plus le match allait, plus le match était compliqué, plus il faisait chaud, plus le public commençait à être anxieux". "Et cette anxiété ou cette inquiétude autour de ce match-là était palpable même sur le terrain. [...] Il y a un certain doute qui s'est installé", se souvient-il.

Poussés dans leurs retranchements, les Bleus ont finalement dû s'employer en prolongation pour se sortir du piège paraguayen, avec une règle qui ne plaisait pas forcément à Laurent Blanc. "Cette année-là, chose que je n'approuvais pas avec la règle du but en or, quand vous marquiez dans les prolongations, l'adversaire ne pouvait pas revenir au score puisque le match était terminé. Je ne trouvais pas ça très juste", explique-t-il. Une règle qui n'existe plus depuis 2004.

Après avoir réussi à emmener les Bleus en prolongation, le Paraguay ne pensait plus qu'à une chose : défendre. "Ils étaient quasiment certains, à mon avis, que s'ils allaient aux penalties avec la forme que tenait Chilavert ce jour-là, ils allaient se qualifier", estime Laurent Blanc.

L'ancien sélectionneur de l'équipe de France (2010-2012) explique au micro d'Europe 1 que tous les Paraguayens s'étaient regroupés devant leur but et ne pensaient qu'à défendre. Face à cette stratégie, le héros des Bleus avait alors pris la décision de monter pour mettre la pression dans la surface adverse. De quoi inquiéter Lilian Thuram et Marcel Desailly, qui lui demandaient même de ne pas monter afin de préserver la solidité défensive.

David Trezeguet, passeur en or

Une consigne que le buteur décisif de la rencontre n'a pas écoutée, pour le plus grand bonheur des Français. Alors que les deux équipes se dirigeaient tout droit vers la séance des tirs au but, la délivrance est venue d'un centre de Robert Pirès.

"Il a centré dans la surface de réparation et j'ai vite compris que David Trezeguet ne pourrait pas concrétiser lui-même puisqu'il était dos au but. Je savais que David était un joueur très bon dans la surface de réparation et qu'il avait une intelligence qui lui permettrait, s'il me voyait dans l'espace, de me mettre la balle", décrit Laurent Blanc.

Et c'est exactement ce qu'il s'est passé. D'une déviation de la tête, le jeune attaquant des Bleus adresse le ballon parfait au héros du jour. Ce dernier se souvient s'être dit qu'il ne fallait pas tirer en force, mais simplement cadrer sa frappe. "Je l'ai pris un peu de l'extérieur. J'ai eu relativement de la réussite parce que le ballon passe sous le bras de Chilavert et, enfin, il rentre dans le but", précise-t-il.

Un but qui valait de l'or pour les Bleus. Près de trois décennies après ce huitième de finale étouffant de 1998, ce France–Paraguay version 2026 ravive donc les mêmes souvenirs d’un match accroché, disputé dans des conditions éprouvantes et longtemps indécises. À l’époque, il avait fallu attendre un éclair de Laurent Blanc pour débloquer une rencontre verrouillée par la chaleur et un José Luis Chilavert infranchissable. Reste désormais à savoir si les Bleus de Didier Deschamps sauront, à leur tour, faire parler leur expérience pour éviter le piège paraguayen et poursuivre leur route vers une nouvelle étoile.