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Canicule : les hôpitaux publics demandent une hausse de l'investissement hospitalier

La canicule démontre la nécessité d'une hausse de l'investissement hospitalier pour mieux préparer les établissements aux chaleurs intenses. [Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

La canicule récente met en lumière la nécessité d’investir davantage dans les hôpitaux publics pour les adapter au changement climatique, alerte la FHF. L’organisation réclame jusqu’à 9 milliards d’euros par an, alors que les urgences et le SAMU ont fortement été sollicités.

La canicule démontre la nécessité d'une hausse de l'investissement hospitalier pour mieux préparer les établissements aux chaleurs intenses, a estimé mercredi la FHF, la fédération des hôpitaux publics français.

"S'il n'y a pas de plan massif d'investissement, nous serons dans l'incapacité de pouvoir adapter nos structures au changement climatique", a souligné la déléguée générale de la FHF, Zaynab Riet, dans une conférence de presse mercredi.

La chaleur la semaine dernière "a mis sous tension les bâtiments et les équipements", a-t-elle indiqué.

"Entre 7 et 9 milliards d'euros par an"

Les remontées des hôpitaux évoquent "des températures élevées dans les services, des groupes froids en panne, des équipements en surchauffe, des ascenseurs en panne ou qui risquent la panne, des centres de données surchauffés, des services inadaptés aux canicules répétées", a indiqué Zaynab Riet.

"Nous avons construit une partie de nos hôpitaux pour le climat des années 1980. Nous devons désormais les adapter au climat de 2026 et des décennies qui viennent", a résumé Zaynab Riet.

Selon la FHF, le montant annuel de l'investissement hospitalier est aujourd'hui d'environ 5,5 milliards d'euros, mais il faudrait le porter à "entre 7 et 9 milliards d'euros par an" pour "pouvoir maintenir le patrimoine, moderniser les équipements, et adapter durablement les hôpitaux et les Ehpad au changement climatique".

Pour agir à très court terme, la FHF propose de débloquer dès maintenant les 1,1 milliard d'euros de crédits aujourd'hui "mis en réserve" dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026 (pour faire face à un éventuel dérapage des dépenses).

La climatisation "une solution immédiate, mais non la solution miracle"

A court et moyen terme, elle estime également qu'il est possible d'économiser près d'un milliard d'euros sur le budget de l'Assurance maladie avec une "réduction de 1% des prescriptions de médicaments et de dispositifs médicaux, en ville et à l'hôpital".

Sur le fond, la climatisation "est une solution immédiate, mais non la solution miracle", a estimé la FHF dans le dossier transmis à la presse.

"Ce qui doit être climatisé doit l'être quand c'est nécessaire", mais "avant de climatiser, des investissements prioritaires s'imposent (volets et stores occultants, isolation, brise-soleils, brasseur d'air, végétalisation"), a-t-elle souligné.

L'activité des Samu a grimpé de "10 à 75%" pendant la canicule

Selon des chiffres collectés par la FHF auprès d'un échantillon de 146 hopitaux (dont la moitié des CHU, 60% des grands centres hospitaliers), l'activité des Samu a grimpé de "10 à 75%" pendant la canicule.

"Les hausses les plus importantes ont été observées en Ile-de-France, en Bretagne, en Nouvelle-Aquitaine et ou encore en Grand Est", a indiqué Zaynab Riet.

Sur tout l'échantillon, la hausse médiane des passages aux urgences a été de +6%, "avec des pics localisés très importants", a indiqué Zaynab Riet. Un tiers des hopitaux a connu un pic d'activité de leur urgences "supérieur à 20%", a-t-elle dit.