Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Record de température dans les océans : les poissons bientôt de plus en plus rares dans nos assiettes ?

[Pexels]

La température à la surface de l'océan a battu un nouveau record en juin. Avec presque 21°C de moyenne, la faune et la flore maritime se retrouve sous pression. Et alors que le changement climatique se poursuit, les poissons sont de plus en plus impactés. Faut-il s'attendre à ne plus en voir dans nos assiettes d'ici quelques décennies ? Europe 1 fait le point. 

Presque 21°C de moyenne au mois de juin. Océans et mers surchauffent ces dernières semaines et battent tous les records, selon l'observatoire européen Copernicus. Le premier semestre 2026 dans son ensemble est le deuxième plus chaud jamais enregistré, juste derrière les six premiers mois de 2024.

"Les conditions actuelles pourraient indiquer le début d'une nouvelle phase, nous conduisant, une fois de plus, en territoire inconnu", a prévenu Carlo Buontempo, directeur du Service Copernicus. 

Parmi les questions soulevées par ces records de chaleurs en surface des mers et des océans : quel impact sur les poissons et surtout, quel impact à terme sur nos assiettes ? Europe 1 s'est penchée sur la question. 

Des poissons plus rares...

Le constat n'est pas nouveau. Déjà, en 2019, une étude américaine soulignait que le changement climatique avait entraîné une réduction des stocks de poissons d'environ 4%, et même 35% dans certaines zones de pêches, entre 1930 et 2010.  "Nous avons été stupéfaits de constater que les pêcheries du monde entier ont déjà réagi au réchauffement de l'océan" a notamment écrit Malin Spinsky, l'un des auteurs de l'étude. 

Et la situation ne s'arrangera pas. D'ici 2050, les pêcheurs devront faire face à une raréfaction du poisson, la faute au changement climatique qui réduit le plancton disponible, l'oxygénation des océans et perturbe la reproduction des espèces. 

...Et plus petits

En plus d'avoir moins de poissons, leur taille devrait évoluer. Face à la raréfaction de la nourriture et de l'oxygène, les espèces auront tout intérêt à réduire leurs tailles pour consommer moins de ressources. Un phénomène déjà observé par exemple avec des sardines le long des côtes méditerranéennes, dont la taille moyenne est passée de 15 à 11 centimètres en quelques décennies. Et sans réduction des émissions de CO2, la taille des poissons pourraient réduire d'environ 20% par rapport à aujourd'hui. 

Enfin, le changement climatique engendra aussi des migrations de populations, les poissons habitués aux eaux froides remontant au fur et à mesure des années vers les pôles. Selon le Giec, sans réduction rapide des émissions de CO2 à travers le monde, le monde de la pêche pourrait perdre jusqu'à 15 milliards de dollars de revenus par an. Une chute de revenu brutale pour un milieu qui fait travailler presque 60 millions de personnes à travers le globe.