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INFO EUROPE 1 - Fin de cavale pour Imed Mohieddine, proche du clan Hornec, interpellé par la BRB

Imed Mohieddine a été interpellé ce lundi en Île-de-France par les enquêteurs de la Brigade de répression du banditisme (BRB) de la police judiciaire parisienne. [Patrick Fouque / Photo12 via AFP]

Recherché depuis sa condamnation à 30 ans de prison pour une tentative de meurtre, Imed Mohieddine, figure du clan Hornec surnommée "Jo" ou "L'Indien", a été interpellé ce lundi en Île-de-France. Son arrestation met fin à une cavale de moins d'un mois.

Sa cavale n'aura duré que quelques semaines. Imed Mohieddine, surnommé "Jo", "L'Indien" ou encore "Tonton" dans le milieu de la pègre parisienne, a été interpellé ce lundi en Île-de-France par les enquêteurs de la Brigade de répression du banditisme (BRB) de la police judiciaire parisienne.

Âgé de 64 ans, ce membre du premier cercle du clan Hornec était recherché depuis le 3 juin dernier. Ce jour-là, la cour d'assises de Paris l'avait condamné par défaut à 30 ans de réclusion criminelle pour une tentative de meurtre commise en 2014, assortissant sa peine d'un mandat d'arrêt et de son inscription au fichier des personnes recherchées d'Interpol.

Un procès en l'absence du principal accusé

Le verdict avait été rendu dans une relative discrétion, en l'absence du principal intéressé. Figure bien connue des services spécialisés dans la lutte contre le grand banditisme, Imed Mohieddine est présenté comme un proche du clan Hornec, famille manouche sédentarisée à Montreuil et considérée comme l'un des principaux acteurs de la pègre parisienne.

L'affaire pour laquelle il vient d'être condamné remonte au 12 janvier 2014. Au petit matin, dans un bar de nuit de la rue de Ponthieu, dans le 8e arrondissement de Paris, le sexagénaire est accusé d'avoir ouvert le feu sur le gérant de l'établissement lors d'une "after". La victime, atteinte de trois balles, avait survécu à ses blessures.

Une cavale internationale avant un retour en France

Après les faits, Imed Mohieddine prend la fuite. Il passe par l'Italie, puis la Tunisie, avant de rejoindre l'Algérie. Un mandat d'arrêt international est alors délivré par la justice française.

Interpellé en Algérie en 2017, il y est condamné en 2020 à 13 ans de prison pour cette tentative de meurtre. Une peine finalement réduite à cinq ans en appel. Une décision jugée insuffisante par la justice française, qui estimait que les faits n'avaient pas été sanctionnés à leur juste mesure. Les parties civiles n'avaient d'ailleurs pas été convoquées à cette procédure.

À son retour sur le territoire français, les magistrats décident donc de le renvoyer devant une cour d'assises. "Cette affaire illustre les difficultés qu'a la justice française à rattraper les justiciables pour les juger en France", confiait récemment un proche du dossier.

L'ancien commissaire Yves Jobic avait d'ailleurs anticipé ce scénario dans son livre Les secrets de l'antigang (Plon), évoquant la volonté du parquet de Paris de faire rejuger le caïd dès son retour en France, quitte à déduire de sa peine les années déjà effectuées en détention en Algérie.

Condamné à 30 ans de prison le 3 juin dernier, Imed Mohieddine avait néanmoins réussi à échapper aux autorités pendant près d'un mois. Son interpellation, ce lundi, met fin à cette nouvelle cavale.