Sous le contrôle de l'AGRASC, les maisons et appartements de trafiquants, de proxénètes ou de marchands de sommeil sont souvent vendus. Parfois, ils sont aussi transformés en structures d'accueil pour des victimes, mais pas seulement. Exemple dans une ancienne villa qui a été récupérée par l'association "La Caravelle".
Priver les délinquants du bénéfice de leur crime, c'est le rôle de l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC). Les maisons et appartements de trafiquants, de proxénètes ou de marchands de sommeil sont souvent vendus. Parfois, ils sont aussi transformés en structures d'accueil pour des victimes.
Sur les hauteurs marseillaises, une villa avec piscine accueille aujourd'hui cinq victimes. Mais au moment de la récupérer, le directeur de l'association "La Caravelle", Christophe Magnan, a eu une mauvaise surprise : "le bien a été très dégradé, du matériel a été arraché très salement", indique-t-il.
"Les rambardes et les robinets ont été sciés, les interrupteurs ont été arrachés. Il s'agissait effectivement d'une sorte de mesure de vengeance. Vous volez mon bien, je ne vous laisserai pas en profiter", ajoute-t-il.
"La confiscation, c'est la vraie peine pour les trafiquants"
Chaque bien saisi est un combat que mène la magistrate marseillaise Audrey Jouaneton. "La peine d'emprisonnement, ça fait partie de l'accident du travail des trafiquants de stupéfiants. Or là, quand on leur confisque un bien, c'est véritablement 'la peine' pour eux. Et ils vont jusqu'au bout des voies de recours, jusqu'aux pourvois en cassation", assure-t-elle.
C'est ce qui explique la lenteur du processus. Ainsi, seulement 10 biens ont été réaffectés en France et cinq nouveaux dossiers sont en cours. Mais le procureur Nicolas Bessonne veut accélérer et faire passer un message.
"La plus grosse villa qui a été vendue et qui est revenue au bénéfice de l'État a rapporté 66 millions d'euros. On ira chercher l'argent où il se trouve pour que ce qu'ils ont volé à la société soit rendu à la population. C'est ultra vertueux", assume-t-il.
Une méthode inspirée de la lutte antimafia italienne
Un premier bien immobilier vient d'être saisi par les autorités françaises, à Dubai, au narcotrafiquant Felix Bingui, chef de l'ex-clan marseillais Yoda.
La France suit le modèle italien où plus de 20 000 biens immobiliers de la mafia ont déjà été réaffectés pour divers projets comme des coopératives agricoles, des bibliothèques ou des centres de musique. Dans l'Hexagone, la saisie de biens mal acquis représentait 235 millions d'euros en 2025.