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Meurtre de Louis : «À partir du moment où l’on tue comme un adulte, on doit être jugé comme un adulte», assure Aurore Bergé

Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. [Europe 1]

Le décès de Louis, 17 ans, après une violente agression à Narbonne, suscite une vive émotion. Sa mère demande que les auteurs ayant filmé le lynchage soient jugés comme des adultes, estimant qu’ils ont une responsabilité pleine dans les faits et leur diffusion sur les réseaux sociaux.

Une justice à revoir ? Le décès de Louis, 17 ans, après une violente agression à Narbonne, suscite une vive émotion et de nombreuses réactions. L’adolescent, pris à partie sur un chantier, est mort des suites de ses blessures après avoir été roué de coups par plusieurs jeunes. L’affaire, marquée par la diffusion d’images de l’agression sur les réseaux sociaux, a conduit à l’interpellation de cinq suspects, mis en examen pour tentative d’assassinat.

La mère de la victime demande que les agresseurs ayant filmé ce lynchage, comme un trophée, soient jugés comme des adultes. Un souhait partagé par Aurore Bergé, invitée du Grand Rendez-vous sur Europe 1, CNEWS et Les Échos ce dimanche.

"Je veux saluer l’immense dignité de cette mère"

"Elle a raison", a réagi la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. "Je veux saluer l’immense dignité de cette mère et des mères en général. Parce que la mère d’Elias, la mère de Thomas, sont celles qui témoignent, celles qui alertent l’opinion publique quand il y a des drames qui font que des enfants ont été lynchés, assassinés par des bandes à la fois sauvages ou de barbarie", insiste-t-elle.

Pour Aurore Bergé, "à partir du moment où l’on tue comme un adulte, on doit être jugé comme un adulte". "Aujourd’hui, cette exception de minorité a été utilisée seulement deux fois depuis 1945. Donc c’est possible. C’est-à-dire que, sans changer la loi ni modifier la Constitution, il est déjà possible de justifier, au regard de circonstances exceptionnelles, que quelqu’un de mineur puisse être jugé comme un majeur", affirme la ministre.

"Ils avaient la possibilité de pouvoir le sauver"

Cette dernière rappelle que, depuis 1945, le droit de la justice des mineurs ne juge pas de la même manière un enfant et un adulte. "Très bien sur le principe. Mais là, on ne parle pas d’enfants qui ont fait une bêtise, on parle d’adolescents à la limite de la majorité qui ont lynché de manière barbare un jeune de leur âge. Ils ont filmé et se sont félicités de l’avoir fait avant de le publier sur les réseaux sociaux", poursuit-elle.

Selon Aurore Bergé, "le pire dans la mort de Louis, c’est ça". "Il y a le fait de revendiquer avec fierté cet acte et le fait de l’avoir laissé mourir sous leurs yeux. Ils ont continué à filmer, ils se sont pris en photo alors qu’ils avaient la possibilité de pouvoir le sauver", dénonce-t-elle.

"Évidemment que l’objectif n’est pas de dire que, quel que soit le délit commis demain par un mineur de 13 ou 14 ans, il doit avoir la même peine qu’un adulte de 20 ou 30 ans. Mais quand on parle de crime, de viol en réunion, d’enfants qui meurent sous les coups des autres, il n’y a pas de raison que, quand on tue comme un adulte, on ne soit pas jugé comme un adulte", conclut Aurore Bergé.