Un nouveau bilan fait état de 920 morts au Venezuela, ont annoncé les autorités. Les recherches continuent pour tenter de retrouver d'autres victimes dans les décombres.
Le bilan du double séisme de mercredi au Venezuela atteint désormais les 920 morts, alors que les recherches continuent dans des immeubles effondrés. Le précédent bilan était de 589 morts, suite à une réunion de la présidente par intérim Delcy Rodríguez avec des responsables militaires et civils.
Quatre Espagnols, neuf Portugais, deux Brésiliens, un Italo-Vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Un ministre espagnol a par ailleurs fait état de 99 compatriotes "disparus", sans préciser si certains étaient des bi-nationaux.
"Silence absolu!"
Bâtiments aplatis, montagnes de gravats où des familles en détresse tentent de retrouver des personnes ensevelies : à l'épicentre du tremblement de terre, les équipes de l'AFP ont constaté d'impressionnantes scènes de destructions qui laissent présager un bien plus grand nombre de victimes que le bilan actuel.
À titre de comparaison, des tremblements de terre de magnitude similaire ont fait plus de 200.000 morts à Haïti en janvier 2010, 73.000 morts dans le Cachemire en octobre 2005, ou encore près de 53.500 morts à la frontière Turquie/Syrie en février 2023. La zone la plus durement touchée est celle de La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouvent l'aéroport international de Maiquetia, endommagé et fermé, et la ville côtière de Catia la Mar.
"C'était terrifiant", raconte Lisbeth Vazquez, 37 ans, miraculée et sortie de justesse de son immeuble. "Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir". "On a besoin de gens qui viennent aider. Il y a ici une petite fille qui est coincée depuis hier soir, on peut la sortir, on a besoin d'une pelleteuse!", s'écrie, désespéré, Dani Rizo, un habitant du même bâtiment, âge de 48 ans.
Des images aériennes de La Guaira diffusées sur les réseaux sociaux montrent une succession de résidences à piscine effondrées comme des châteaux de cartes. Au sol, des hommes juchés sur un tas de ruines tentent d'ouvrir à coups de marteau piqueur les gravats d'un bâtiment.
Un ouvrier crie "silence absolu!". Les secouristes s'immobilisent d'un coup afin de pouvoir entendre les voix d'éventuels survivants ensevelis. "Une lampe de poche, une lampe de poche", crie un autre, tentant d'illuminer l'obscurité d'un boyau s'enfonçant dans la pierraille.
D'autres secouristes se reposent à quelques pas de là, appuyés contre un mur. Epuisés, ils n'ont même pas enlevé leur casque de chantier jaune sur la tête ou le masque chirurgical sur le bas du visage qui les protège de la poussière.
"Taupes" et Marines
Au total, 25 équipes de secours sont en cours de déploiement parmi lesquelles 17 équipes internationales de recherche et de sauvetage en milieu urbain et huit équipes médicales d'urgence, pour un total d'environ 1.000 secouristes, selon l'ONU. Auparavant, Washington avait annoncé l'arrivée à Caracas d'un premier détachement militaire américain, avec à sa tête un général des Marines.
Outre l'aide des Etats-Unis, des équipes du Chili, de Colombie, du Salvador, d'Italie, du Mexique, de Suisse sont déjà arrivées au Venezuela, selon le porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), Jens Laerke.
La télévision vénézuelienne a fait état également de l'arrivée de 80 secouristes suisses et d'un groupe de 80 secouristes mexicains, connus sous le surnom des "Taupes", spécialisés dans les recherches de victimes de séismes. D'autres viennent du Royaume-Uni, de République tchèque, de France, d'Allemagne, de Jordanie, des Pays-Bas, du Qatar et d'Espagne.
Un premier avion du Salvador est arrivé sur place avec 188 hommes, selon le président de ce pays Nayib Bukele. "Notre personnel sur place nous informe (...) qu'il manque beaucoup d'équipements".
Les Etats-Unis ont promis une réponse "importante", "rapide et efficace", par la voix de leur secrétaire d'Etat, Marco Rubio, avec une aide de 150 millions de dollars. L'armée américaine a fait savoir qu'elle déploierait des navires militaires, des avions et des hélicoptères en soutien aux secours.
Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé en janvier le président déchu, Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis. La Turquie, pays habitué aux tremblements de terre, a annoncé le départ vendredi d'Istanbul de deux avions militaires avec à leur bord 67 secouristes.