La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a estimé mardi que les sanctions individuelles prononcées dans l'affaire Lyhanna ne règlaient pas "tout" face à l'ampleur des violences sur mineurs dans le pays. Cette dernière appelle à travailler sur l'ensemble de la chaîne judiciaire.
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a estimé mardi que les sanctions individuelles prononcées dans l'affaire Lyhanna ne règlaient pas "tout", comme le montrent les 134 placements en garde à vue pour violences sur mineurs opérées ces derniers jours sur des plaintes en souffrance.
"On recherche les responsabilités individuelles, on vient dire : 'Voilà ce qui n'a pas fonctionné dans l'affaire Lyanna' donc, une fois qu'on aura réglé ça, on aura tout réglé. Mais pas du tout!", a déclaré la responsable politique sur France 2.
Le gouvernement a prononcé lundi de premières sanctions contre une magistrate et deux gendarmes du Gers, juste après la publication des conclusions d'un rapport déclenché par la mort de la jeune Lyhanna, 11 ans, qui fait état de nombreux dysfonctionnements.
Une loi pour retravailler l'intégralité de la chaîne judiciaire ?
Le principal suspect, Jérôme Barella, avait déjà fait l'objet de plusieurs plainte mais n'avait pas été convoqué ni interpellé. Mais, a relevé Mme Braun-Pivet, sur 70.000 plaintes pour violences sur mineurs que le gouvernement a demandé aux magistrats de réexaminer d'ici au 14 juillet, 134 personnes ont déjà été placées en garde à vue.
"Ça veut dire que dans ces affaires-là, on a traîné là aussi, on n'était pas si bien organisés que cela", a-t-elle relevé. La députée Renaissance des Yvelines a donc encore insisté pour l'inscription à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale d'une "loi intégrale" répondant à "la globalité de la chaîne" des violences faites aux enfants, à laquelle le Premier ministre, Sébastien Lecornu, se montre réticent.
"Absence de suivi de procédure"
"Je continue avec les parlementaires à demander son inscription, (...) plus que jamais, au vu du rapport d'enquête du pré-rapport d'enquête qui a été produit", a assuré Yaël Braun-Pivet à propos de la proposition de loi signée par des parlementaires de gauche et de la coalition gouvernementale.
Dans cette affaire qui a suscité un émoi national, la mission d'inspection évoque "un cumul de pertes de temps et une absence de suivi de procédure, tant de la part du parquet que de la gendarmerie à l'arrivée de la procédure" dans le Gers, a déclaré le chef de l'IGJ Stéphane Nöel devant la presse à Matignon.
Il y a "peut-être" des responsabilités individuelles, mais les métiers de la justice sont "dans une situation intenable", a commenté lundi la patronne des Écologistes Marine Tondelier.