À peine deux ans après avoir remporté une victoire écrasante en juillet 2024, Keir Starmer a annoncé ce lundi sa démission de la tête du Parti travailliste et son départ de Downing Street d'ici quelques semaines. Dans la foulée, son rival Andy Burnham s'est empressé d'annoncer sa candidature.
"Toutes les décisions que j'ai prises ont eu pour objectif de faire passer en premier le pays que j'aime. C'est pourquoi je vais démissionner de mon poste de chef du parti travailliste", a déclaré le Premier ministre travailliste (Labour) Keir Starmer, lors d’une allocution devant le 10 Downing Street à Londres.
Ce départ n'a rien de surprenant. Avec une cote de popularité en berne depuis plusieurs mois, le chef du gouvernement était la cible d'appels répétés à la démission au sein de son propre parti. La pression s'est accentuée ce week-end après que son rival travailliste Andy Burnham a été élu député vendredi, poussant une centaine de parlementaires à réclamer son départ. S'il affichait encore une certaine combativité vendredi, Keir Starmer s'est finalement résigné, la voix tremblante, ce lundi 22 juin.
Quel protocole en cas de démission ?
Au Royaume-Uni, le Premier ministre n'est pas élu directement par le peuple, mais est le chef du parti majoritaire à la Chambre des communes. Quand il démissionne, il reste en poste jusqu'à la désignation d'un successeur. Le parti au pouvoir élit ainsi un nouveau chef, qui devient automatiquement Premier ministre. Sa démission n'entraîne donc pas automatiquement de nouvelles élections législatives.
"Je demanderai au Comité exécutif national du Parti travailliste d'établir un calendrier prévoyant l'ouverture des candidatures le 9 juillet et leur clôture avant la pause estivale. En cas d'élection, cela permettra de garantir la nomination d'un nouveau dirigeant avant la rentrée parlementaire en septembre", a précisé Keir Starmer lors de son discours de démission, retranscrit sur la BBC.
D'après le journal britannique Guardian, cité par TF1, Keir Starmer devrait toutefois rester en poste au moins jusqu'à la fin de l'été, le nouveau dirigeant travailliste devant être désigné lors du congrès du Labour, fin septembre.
Un candidat favori
Officiellement investi député de Makerfield ce lundi vers 14h30 (heure locale) le populaire maire du Grand Manchester, Andy Burnham, a confirmé dans la foulée son ambition de lui succéder. Seuls les députés peuvent se présenter à la direction du parti, puis prendre la tête du gouvernement. La voie semble grande ouverte pour celui que ses partisans surnomment le "roi du Nord".
Keir Starmer est le sixième Premier ministre britannique en dix ans à annoncer un départ prématuré, après Theresa May, Boris Johnson, Liz Truss et Rishi Sunak. "J’apporterai à mon successeur mon soutien total et sans équivoque, sachant qu’il héritera d’une Grande-Bretagne bien plus forte et plus juste que celle dont j’ai hérité il y a deux ans, mieux préparée aux défis à venir et mieux à même de garantir au Parti travailliste un second mandat", a-t-il également assuré.