Dans "Eliot Deval et vous", une auditrice de 72 ans a livré un témoignage poignant après l'assassinat de la petite Lyhanna. Victime d'un viol à son domicile il y a un an, elle a raconté son propre calvaire et appelé à "crier" pour que de tels drames ne se reproduisent plus.
L'émotion a envahi le plateau d'Eliot Deval et vous lorsqu'une auditrice, souhaitant rester anonyme, a pris la parole. Âgée de 72 ans, elle a expliqué avoir été agressée à son domicile il y a un an par un récidiviste.
"Mon agression, qu'on va appeler un viol parce que c'est le mot, a duré toute la nuit. Donc je vois, je sais ce que cette petite a pu endurer. Moi j'ai cru que j'allais mourir à tous les instants de cette nuit", a-t-elle confié.
Très marquée par le meurtre de Lyhanna, elle a demandé que son histoire ne soit pas réduite à un simple fait divers. "Je voudrais vous demander une faveur, c'est de ne pas l'appeler l'affaire Lyhanna. Parce que ce n'est pas qu'une affaire, c'est un drame d'abord." Avant d'ajouter : "Cette petite Lyhanna, elle occupe mon esprit. Je suis révoltée, je suis attristée mais révoltée parce qu'elle devrait être en vie à l'heure qu'il est."
"Il faut crier pour défendre nos enfants"
L'auditrice a ensuite lancé un appel empreint de colère et de douleur : "Emmanuel Macron dit 'qu'il ne faut pas crier'. Moi, je vous dis, il faut crier. Il faut crier pour défendre nos enfants, nos petits-enfants."
Elle a poursuivi : "Je crie aujourd'hui. Je crie pour Lyhanna et pour tous ces enfants, tous ces dossiers qu'on n'est pas foutus de traiter." Elle a même appelé les familles à se mobiliser : "Je voudrais que les mères, les grand-mères, on aille dans la rue, on aille crier devant les palais de justice."
Revenant sur sa propre agression, elle a raconté avoir été prise en charge par les gendarmes et accompagnée tout au long de la procédure. "J'ai eu beaucoup de chance. J'ai rencontré des gens pleins d'humanité." Aujourd'hui encore suivie psychologiquement, elle dit vouloir témoigner malgré la douleur : "Quand on est une survivante, on sait que la vie, elle n'a pas de prix."
Face à ce récit, Eliot Deval a salué "un cri de douleur", tandis que l'auditrice a conclu avec émotion : "Je sais ce qu'elle a enduré en partie. C'est l'horreur absolue."