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«L'UE est devenu le paillasson de Donald Trump», déplore Manon Aubry

Manon Aubry a vivement critiqué l'accord commercial entre l'Union européenne et les États-Unis. [© Europe 1]

Invitée du Grand Rendez-vous sur Europe 1/CNews/Les Echos, Manon Aubry a vivement critiqué l'accord commercial entre l'Union européenne et les États-Unis. "L'UE est devenu le paillasson de Donald Trump", déplore-t-elle.

Manon Aubry a dénoncé, au micro du Grand Rendez-vous sur Europe 1/CNews/Les Echos, un accord commercial qu'elle juge profondément déséquilibré entre l'Union européenne et les États-Unis, estimant qu'il consacre un rapport de force défavorable aux Européens. 

"C’est même une capitulation en rase campagne. Il faut bien se rendre compte de ce dont on parle avec cet accord commercial. Tous les produits européens qui vont entrer sur le marché américain vont être taxés à 15%. En revanche, tous les produits américains qui vont entrer sur le marché européen ne vont pas être taxés", a-t-elle affirmé, dénonçant une asymétrie structurelle.

"Donald Trump veut s'attaquer à nos régulations"

Selon l'eurodéputée LFI, cet accord ne se limite pas à un enjeu tarifaire et s'inscrit dans une logique plus large d'influence américaine sur les politiques européennes. "Il n'a pas prévu de s'arrêter là. Il veut s'attaquer à nos régulations en matière numérique, sanitaire et environnementale. Il demande des investissements massifs de l'Union européenne aux États-Unis, l'achat d’énergies polluantes", a-t-elle ajouté.

Manon Aubry résume sa position de manière particulièrement sévère, jugeant que l'UE a cédé face à Washington. "L'Union européenne est devenue le paillasson de Donald Trump", a-t-elle lancé, estimant que les dirigeants européens ont accepté un accord déséquilibré par manque de rapport de force.

 "J’assume une forme de protectionnisme"

Elle critique également l'absence d’alternative politique selon elle au sein des institutions européennes, où elle affirme avoir été isolée sur ce dossier. "Je préside le seul groupe à s'être unanimement opposé à cet accord", a-t-elle indiqué, dénonçant une forme de consensus qu'elle juge passif face aux États-Unis.

"Moi j’assume une forme de protectionnisme", a-t-elle expliqué, appelant à "se protéger des fonds prédateurs étrangers" et à "répondre à nos besoins". Elle estime enfin que la dépendance stratégique vis-à-vis des États-Unis, notamment en matière de défense via l'OTAN, renforce ce déséquilibre global et appelle à une plus grande souveraineté industrielle et alimentaire en Europe.