Vingt ans après la canicule de 2003, qui avait causé 15.000 morts, la France a renforcé ses dispositifs d'alerte et les EHPAD sont mieux préparés. Mais le manque de personnel reste un problème majeur face à des épisodes de chaleur de plus en plus fréquents.
Cet épisode caniculaire pourrait atteindre une intensité comparable à celle de l'été 2003, marqué par une catastrophe sanitaire majeure ayant fait près de 15.000 morts en quinze jours.
Un drame qui a profondément bouleversé la France et conduit à une refonte des politiques de prévention.
2003, un tournant dans la gestion des canicules
Avant cet épisode, la France ne disposait d'aucun dispositif spécifique d'alerte. Depuis, Météo-France a instauré la vigilance canicule, un système gradué du vert au rouge destiné à alerter le public et les autorités.
Dans le même temps, les plans bleus ont été mis en place dans les EHPAD pour encadrer la gestion des crises.
Des EHPAD mieux préparés, mais sous contrainte
Les établissements doivent désormais disposer de pièces climatisées, de stocks d’eau et de brumisateurs, ainsi que de protocoles précis en cas de fortes chaleurs.
Éric Lacoudre, directeur d’un EHPAD en Haute-Savoie, détaille ce dispositif : "Tous les EHPAD de France ont une obligation d'avoir une pièce climatisée par étage ou par unité de vie. On doit avoir des stocks d'eau en cas de coupure d'eau, de brumisateurs. Et puis on a préparé nos équipes qui savent un petit peu forcément de quoi faire."
Malgré ces avancées, le secteur reste fragilisé par un déficit d'effectifs. "Le problème, c'est qu'effectivement, entre 2003 et aujourd'hui, on n'a pas eu une augmentation significative de notre personnel. On sait ce qu'on va faire, mais on n'a pas forcément l'assurance d'avoir suffisamment de gens pour pouvoir le faire", alerte le directeur.
Un appel à renforcer les moyens
Les responsables d'établissements réclament davantage de soutien de l'État, notamment pour permettre le recrutement de renforts ponctuels lors des épisodes de canicule.
Une demande d'autant plus pressante que ces événements deviennent plus fréquents et plus intenses en France.