Le Parlement européen a approuvé mercredi le règlement sur les retours de migrants déboutés du droit d'asile, une réforme permettant d'installer des centres de rétention hors des frontières du Vieux continent. Une victoire pour la droite européenne, et les Républicains comptent bien en profiter en France.
L'union des droites au Parlement européen peut enfin crier victoire. Le règlement retour vient d'être entériné après un ultime vote des eurodéputés ce mercredi. Ce texte vise à faciliter les expulsions de migrants déboutés du droit d'asile sur le vieux continent, en autorisant notamment la création de centres de retour en dehors des frontières des Vingt-Sept.
Les eurodéputés du Rassemblement national et d'Horizons ont certes voté pour ce règlement-retour, mais ce sont bien les Républicains et François-Xavier Bellamy qui en récoltent les fruits politiquement.
Renaissance s'est opposé à la création des centres de rétention dans les pays tiers
Le chef de file des Républicains à Strasbourg a œuvré pour durcir le texte et construire une majorité avec les partis nationalistes, au point de contraindre les élus Renaissance de voter contre. Un moyen pour la droite d'illustrer sa différence sur le sujet migratoire avec le bloc central, jugé trop timide pour réguler les flux.
Le groupe de Gabriel Attal s'est notamment opposé à la création des centres de rétention dans des pays tiers.
Chez les Républicains, le vote des eurodéputés est perçu comme un gage de crédibilité et le signe que la droite peut changer concrètement les choses de l'intérieur, là où le RN aurait été spectateur des négociations. Le groupe de Jordan Bardella, opposé dans un premier temps au règlement-retour, a changé de position à mesure que le texte se durcissait.
Reste à Bruno Retailleau de traduire cette victoire en France. Le président des LR devrait revendiquer la paternité du texte, samedi, lors de son premier meeting de candidat à la présidentielle.