Alors que le ministre de la Justice Gérald Darmanin demande à ce que toutes les plaintes de violences sexuelles sur des mineurs soient examinées ou réexaminées d'ici la mi-juillet, ces dernières années, l'Etat a pris des mesures contradictoires. A l'image de Grasse, ou la brigade de protection des mineurs a été purement et simplement fermée, malgré des centaines de dossiers gérés par an.
L’affaire Lyhanna provoque une véritable onde de choc dans tout le pays. Le garde des Sceaux demande aux parquets de mettre en haut de la pile les dossiers de violences concernant les enfants. Pourtant ces dernières années des décisions administratives ont illustré le manque de moyens alloués à cette lutte, désormais prioritaire.
Parmi elles : la suppression en 2022 de la brigade de protection des mineurs et de la famille de Grasse. À l'époque, l'équipe composée de cinq policiers avec à leur tête, une commande expérimentée, jouissait d'une forte réputation auprès des enquêteurs et des magistrats.
Une décision "difficile à vivre"
Mais voilà : l'équipe a été affectées à d'autres tâches jugées à l'époque plus importante. Une décision qui personne n'a compris au sein du groupe. "Grasse était la brigade qui collationnait l'ensemble des dossiers, grosso modo 600 affaires par an. Ils avaient construit quelque chose, contribué à éviter des passages à l'acte, à apporter du mieux-être à des familles. Bref, ça a été extrêmement compliqué à vivre pour nos collègues", confie au micro d'Europe 1 Laurent Martin de Frémont, secrétaire départemental du syndicat unité police 06.
Des policiers pourtant dévoués à ces dossiers complexes, bien souvent violents et d’une noirceur profonde. À l’époque, Unité police 06 avait alerté sur les conséquences de la suppression de cette brigade.
Quelques années plus tard, les syndicats de police estiment désormais que tous les services d’investigations sont en sous effectifs.