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Algérie, Retailleau, Gallimard... Les vérités de Boualem Sansal avant la sortie de son livre «La Légende»

[Abdesslam Mirdass / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Un an de prison, un livre de combat et quelques comptes à régler. Dans "La Légende", que "Le Figaro Magazine" a pu lire en exclusivité, Boualem Sansal raconte l'enfermement et il règle ses comptes. Avec Alger, certaines prudences françaises, avec Gallimard aussi avant un nouveau départ chez Grasset. 

Boualem Sansal raconte tout. Dans un nouveau livre, intitulé La Légende, l'écrivain règle ses comptes et il raconte ce qu'il a vécu. Cinq minutes, c'est le temps qu'a duré son procès en Algérie. Cinq minutes pour devenir, écrit-il, l'ennemi du régime. 

"Retailleau à l'Élysée, Tebboune à la Santé !"

Dans La Légende, publié chez Grasset, l'écrivain raconte une prison froide. Sans cris, sans théâtre. Le plus terrifiant, dit-il, c'est la normalité. L'impression de devenir un dossier plutôt qu'un homme. 

Pour tenir, il s'accroche aux livres et aux nouvelles venues de France. En prison, un nom revenait : "Bruno Retailleau". Au point d'inspirer ce slogan : "Retailleau à l'Élysée, Tebboune à la Santé !". Avec Emmanuel Macron, le ton est plus dur. Boualem Sansal reconnaît un soutien, mais juge la France trop prudente face à Alger. Et puis, il y a la rupture avec la maison d'édition Gallimard. 

Après 30 ans de fidélité, l'écrivain raconte une séparation douloureuse, le sentiment qu'on lui demandait de parler moins fort. Chez Grasset, au contraire, il dit avoir retrouvé sa liberté de ton. Car on peut enfermer un écrivain, mais pas le faire taire.