L’ancien ministre de l’Intérieur, candidat à la présidentielle présente officiellement ce jeudi son programme pour loger les Français. Objectif, libérer la construction et redonner au pays le goût de la propriété.
Alors qu’on l’attend sur les questions de sécurité ou d’immigration, Bruno Retailleau crée la surprise en dégainant son plan programmatique sur le logement pour 2027 ce jeudi. En pleine canicule et en plein débat politique sur le développement de la climatisation lancé par Marine Le Pen, le candidat Les Républicains à la présidentielle dénonce la pénurie de logements en France et se positionne sur la nécessité de construire plus et moins cher.
Il propose une loi d’urgence qui permettrait de rendre la liberté de bâtir aux maires en abrogeant, le ZAN, "le Zéro Artificialisation Net", qui leur interdit de bétoniser les sols. Objectif : faire sortir de terre 45.000 logements par an.
Pour une France de propriétaires
Car Bruno Retailleau le rappelle dès les premières lignes de son programme : être ou devenir propriétaire n’est pas un luxe. Une façon de répondre à la gauche qui n’a de cesse de taper sur les propriétaires bailleurs privés notamment en souhaitant étendre à tout le pays l’encadrement des loyers. Dans les faits, le nombre de propriétaire ne cesse de reculer. La France est loin derrière ses voisins, avec seulement 57% de propriétaires dans l'Hexagone contre 70% ailleurs en Europe.
Le candidat LR souhaite mettre en place un pacte famille avec déduction des intérêts d’emprunt de 50 à 100% en fonction du nombre d’enfants. Une idée dont l’objectif est également d’inciter à relancer la natalité alors que pour la première fois de notre histoire contemporaine, le nombre de décès a dépassé celui des naissances en 2025.
L’encadrement des loyers purement et simplement supprimé
Du côté du marché de la location, "on ne fait pas baisser les loyers en décrétant leur montant" martèle Bruno Retailleau, qui promet de mettre fin à ce système qui décourage et asphyxie les particuliers investisseurs alors que les villes de gauches et écologistes souhaiteraient l’étendre à toute la France. Une idée déjà refusée par le gouvernement et son actuel ministre du logement Vincent Jeanbrun.
Les interdictions de louer liées au DPE (Diagnostic de performance énergétique) seraient également levées afin de remettre 450.000 logements sur le marché et le statut de bailleur privé qui prévoit une carotte fiscale pour ceux qui investissent dans le locatif serait renforcé.
La loi Dallo revue et corrigée
Alors que la France concentre à elle seule, un tiers des logements sociaux d’Europe, le constat de Bruno Retailleau est simple : le système est à bout de souffle alors que 2,9 millions de ménages attendent un appartement à prix réduit.
Estimant que le logement social a été dévoyé, priorité sera rendue aux ménages modestes et aux travailleurs dont 70%, légèrement au-dessus des plafonds, n’y ont plus accès selon Bruno Retailleau. La loi SRU qui fixe le pourcentage de logements sociaux ne sera plus dictée depuis Paris mais directement au plus près des territoires.
Enfin, le candidat promet la tolérance zéro pour les squatteurs avec la mise en place d’une expulsion administrative sous 10 jours. Reste à voir si l’ensemble de ces mesures permettra réellement de relancer un secteur à la peine dont le financement dépend et dépendra demain de la situation budgétaire du pays, déjà extrêmement fragile.