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«Une vieille dame n’arrivait plus à respirer» : dans un TGV en panne, une passagère ouvre une porte et écope d’une amende

Face à la polémique, la SNCF a décidé de retirer l’amende à Coralie. [Stéphane Rouillard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Bloquée pendant plusieurs heures dans un TGV Ouigo immobilisé près de Lyon en pleine canicule, une passagère a ouvert une issue de secours pour tenter d’aérer les voyageurs privés de climatisation. Verbalisée par la police ferroviaire, elle a finalement vu son amende retirée par la SNCF après le tollé suscité par l’affaire.

Se faire verbaliser pour avoir tenté d’aérer un train à l’arrêt en plein soleil lors de températures caniculaires : une passagère d’un train reliant Lille à Marseille a vécu cette mésaventure. Pendant plusieurs heures, le TGV Ouigo 6177 s’est retrouvé bloqué près de Lyon avec, à son bord, près d’un millier d’usagers, dont des enfants et des personnes âgées. En cause : une panne électrique. 

Coralie, une passagère, a décidé d’ouvrir une issue de secours pour mettre fin à ce véritable calvaire. Pour Europe 1, elle raconte l’enfer qu’elle a vécu.

Du personnel irrespectueux

Après plus de 45 minutes à l’arrêt sans climatisation, Coralie décrit une situation étouffante pour elle et les passagers les plus fragiles. "Une vieille dame qui n’arrivait plus à respirer m’a dit : 'S’il vous plaît, ouvrez la porte.' Et c’est ce que j’ai fait. Le personnel est arrivé, ils ont demandé qui avait ouvert la porte. Je me suis évidemment dénoncée. Ils m’ont très mal parlé, ils ont refermé derrière moi, puis l’ont rouverte cinq minutes plus tard. Ils ont bien constaté que la situation n’était plus du tout tenable", décrit-elle.

Selon la Stéphanoise de 41 ans, le chef de bord s’est montré irrespectueux, voire menaçant. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. "Trois agents de la police ferroviaire sont venus vers moi. Ils m’ont demandé ma carte d’identité et mon titre de transport. Puis ils m’ont dit : 'J’imagine que vous savez ce que vous avez fait.' J’ai répondu que oui et j’ai essayé de leur expliquer. Ensuite, ils m’ont présenté cette amende de 200 euros, que j’ai refusé de payer", assure la passagère.

La SNCF retire l'amende

Face à la polémique, la SNCF a décidé, il y a quelques heures, de retirer l’amende à Coralie. "Je l’ai fait dans le but de dénoncer l’abus de pouvoir de certains agents de la SNCF et, peut-être aussi, de faire revoir les protocoles. S’ils avaient réagi plus tôt et trouvé des solutions, je n’aurais pas eu à ouvrir cette porte. Je l’ai fait parce que, pour moi, certaines personnes étaient en danger", admet-elle.

La chaleur est également à l’origine d’une autre panne électrique, qui a touché mardi un TGV circulant à proximité du train de Coralie, provoquant là encore d’importants retards.