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Détroit d'Ormuz, cessez-le-feu, nucléaire… Ce que prévoit le projet d'accord en discussion entre les États-Unis et l'Iran

Arun SANKAR / AFP [Arun SANKAR / AFP]

Un accord entre Washington et Téhéran est-il imminent ? C'est ce que laissait entendre Marco Rubio ce dimanche. Malgré de nouvelles frappes américaines dans le sud de l'Iran, le secrétaire d'État américain n'écarte pas cette hypothèse, dans un contexte d'asphyxie économique croissante.

Des menaces aux promesses de paix, le yo-yo diplomatique se poursuit entre Washington et Téhéran. Dans la nuit de lundi à mardi, des sites de missiles dans le sud de l'Iran ont été la cible de nouvelles frappes américaines, malgré le cessez-le-feu toujours en vigueur. Mais selon le secrétaire d'État américain Marco Rubio, un accord reste possible ces prochains jours

"Le président a exprimé sa volonté de parvenir (à un accord, ndlr). Soit il conclura un accord, soit il n'y aura aucun accord", a-t-il précisé depuis Jaipur, en Inde. En toile de fond : la flambée des prix du carburant causée par le blocage du détroit d'Ormuz et la popularité de Donald Trump qui en pâtit. 

Dimanche 24 mai, le secrétaire d'Etat américain affirmait que des "progrès significatifs" avaient eu lieu ces derniers jours pour transformer le cessez-le-feu existant, qui a mis fin à des semaines de conflit, en un règlement plus durable. Si le contenu reste encore flou, quelles seraient les grandes lignes de ce mémorandum ?

Le détroit d'Ormuz, verrou stratégique du conflit

La réouverture du détroit d'Ormuz, verrouillé depuis le début du conflit le 28 février, est plus que jamais une priorité pour Donald Trump, qui doit faire face aux élections de mi-mandat en novembre. Sur Truth Social, le président américain en a fait une promesse à ses concitoyens dans un long message publié le 23 mai : "Le détroit d'Ormuz sera ouvert". 

Selon un haut responsable de l'administration américaine interrogé par CNN dimanche, l'accord-cadre donnerait aux parties "60 jours pour parvenir aux points d'accord définitifs", au cours desquels la navigation serait de nouveau possible dans le détroit d'Ormuz. Dans l'attente d'un cessez-le-feu durable, les forces américaines "ne se retireraient de la région qu'à la conclusion d'un accord définitif". Une présence ainsi maintenue pour au moins 60 jours.

Alors que Donald Trump assurait le 23 mai que "les derniers aspects et détails de l'accord sont en cours de discussion et seront annoncés prochainement", la République islamique d'Iran se montre plus pondérée. "Nous sommes parvenus à des accords sur une grande partie des points en discussion. Mais affirmer que cela signifie qu'un accord est sur le point d'être signé, personne ne peut le faire", a déclaré lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï. 

Nucléaire : l'épineux dossier qui bloque les négociations

Pour qu'une réouverture du détroit d'Ormuz soit envisageable, l'Iran exige la levée du blocus de ses ports. Le déblocage des avoirs iraniens, actuellement détenus dans des banques situées hors d'Iran, est également sur la table des négociations. Un point sur lequel les États-Unis rechignent encore à faire des concessions, selon l'agence de presse Tasnim.

Par ailleurs, la question du nucléaire trône au cœur des négociations. D'un côté, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a laissé entendre dès samedi que le nucléaire ne faisait pas partie "à ce stade" du "protocole d'accord" en discussion et qu'il serait abordé lors de négociations séparées.

Mais du côté américain, le discours est différent. L'Iran ne doit "jamais posséder l'arme nucléaire", a martelé Marco Rubio, dimanche matin. Selon le média américain Axios, cité par franceinfo, le projet d'accord prévoirait que l'Iran s'engage à ne jamais se doter de l'arme nucléaire, à suspendre son programme d'enrichissement d'uranium et à démanteler ses stocks d'uranium hautement enrichi.

La manière dont ce stock sera éliminé fera partie de la prochaine phase des négociations, d'après un haut responsable de l'administration Trump cité par CNN. "L'élément essentiel de ce dispositif est que si l'Iran ne respecte pas ses engagements, il ne reçoit rien", a-t-il déclaré, ajoutant : "C'est un principe de "confiance, mais vérification poussée à l'extrême".