La gauche et le Rassemblement national ont déjà confirmé qu'ils voteraient contre la nomination d'Emmanuel Macron à la tête de la Banque de France. Les oppositions accusent le président de la République de vouloir nommer une grande partie de ses proches dans des postes à haute responsabilité, à moins d'un an de la fin de son mandat.
Emmanuel Moulin sera-t-il le prochain gouverneur de la Banque de France ? C’est en tout cas le souhait d’Emmanuel Macron. Mais l’ancien directeur de cabinet de Bruno Le Maire à Bercy, puis de Gabriel Attal à Matignon, tout juste débarqué du secrétariat général de l’Élysée, doit d’abord être auditionné par la commission des finances du Sénat et de l’Assemblée. Ils voteront ensuite à bulletin secret pour ou contre sa nomination.
Le suspense demeure toutefois, car le profil d'Emmanuel Moulin crispe une partie des oppositions, qui lui reprochent sa proximité avec le chef de l'État. En effet, le Rassemblement national et la gauche ont déjà dit qu'ils voteraient contre cette nomination.
Emmanuel Macron essaye-t-il de placer ses proches avant son départ ?
Son sort est désormais dans les mains des Républicains. Et si les députés de droite ne devraient pas lui faire barrage, l'incertitude est plus grande au Sénat.
Alors, pour tenter de convaincre les représentants LR, un pacte a même été évoqué : en cas de vote favorable à Emmanuel Moulin, l'Élysée s'engagerait à nommer, en contrepartie, le sénateur François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits. Une hypothèse qui reste à confirmer, le vote étant secret, et le ressentiment envers Emmanuel Macron, réel.
Beaucoup reprochent au chef de l’Etat de nommer, à l’approche de la fin de son mandat, ses proches à des postes prestigieux. Dernier exemple en date : Amélie de Montchalin à la Cour des comptes ou Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel. Un choix validé l’an dernier à une voix près par les parlementaires.
La participation jouera donc à nouveau un rôle clé ce matin. La nomination d’Emmanuel Moulin pourrait être rejetée si les trois cinquièmes des suffrages exprimés lui étaient défavorables.