Donald Trump alterne menaces et déclarations conciliantes. D'un côté, le président américain est confiant sur les chances de parvenir à un accord. De l'autre, il est prêt à frapper l'Iran à tout moment. "Hier, j’étais à une heure de frapper l'Iran, tout était chargé : les bateaux et les munitions étaient chargés, tout était prêt pour que je donne l'ordre", a-t-il déclaré devant la presse ce mardi.
"J'espère que nous n'aurons pas à reprendre la guerre, mais il se peut que nous soyons obligés de le faire, vous le saurez très bientôt", a-t-il ajouté. Donald Trump qui une nouvelle fois menace l'Iran si le régime persiste à ne rien lâcher dans les négociations, en particulier sur le nucléaire.
Et si la Maison-Blanche laisse miroiter la perspective d'un accord rapide, notamment via une médiation des pays du Golfe, une véritable reprise positive des négociations est à tempérer. "Nous soutenons pleinement la voie diplomatique car nous voulons protéger les populations de la région qui seraient les premières victimes d'une escalade. Nous soutenons également les efforts de médiation du Pakistan mais nous pensons que les négociations nécessitent plus de temps", a affirmé le porte-parole de la diplomatie du Qatar.
Dans sa dernière proposition, Washington exige que l'Iran ne conserve qu'un seul site nucléaire sur son territoire et qu'elle cède, ce n'est pas nouveau, son stock d'uranium enrichi.
L'Otan n'a pas préparé de plan sur sa contribution éventuelle à une opération visant à sécuriser le détroit d'Ormuz, bloquée par l'Iran, mais elle y pense, a assuré mardi son commandant suprême le général américain Alexus Grynkewich.
"Est-ce que j'y réfléchis ? Absolument. Mais il n'y a encore aucune planification tant que la décision politique n'a pas été prise", a-t-il déclaré devant la presse, interrogé sur un éventuel plan de l'Otan pour assurer la sécurité de ce détroit.
L'UE en retrait
Le président américain Donald Trump a vertement critiqué les pays européens de l'Otan pour leur refus de s'impliquer dans la guerre qu'il a déclenchée avec Israël contre l'Iran. Il les a sommés à plusieurs reprises de prendre en charge la réouverture du détroit d'Ormuz, où transitait, avant son blocage par Téhéran, autour de 20% du pétrole produit dans le monde.
La France et la Grande-Bretagne ont pris la tête d'une coalition internationale pour assurer la sécurité du détroit, mais uniquement lorsque les conditions seront réunies, soit une fois la guerre au Moyen-Orient terminée.
Une "décision politique"
"Chaque nation étudie sa réponse et beaucoup, dont la Belgique, la France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni, envoient des navires dans la région", a déclaré le général Grynkewich. Et, a-t-il ajouté, "nous sommes tous d'accord sur le fait qu'il est dans notre intérêt de garantir la liberté de navigation dans les eaux internationales".
Mais la décision d'impliquer l'Otan dans une telle opération est une "décision politique", qui n'a pas été prise, a assuré le général Grynkewich. "L'impulsion politique vient en premier, puis la planification formelle intervient ensuite", a-t-il précisé.
Les taux d'intérêt des emprunts d'Etat grimpent à nouveau ce mardi, gagnés par la peur que l'inflation ne s'installe durablement dans l'économie mondiale en raison de la persistance du blocage du détroit d'Ormuz et de la flambée du pétrole.
Vers 15h40 GMT, le taux d'intérêt de la dette américaine à dix ans atteignait 4,67%, au plus haut depuis début 2025, contre 4,59% la veille en clôture. Son équivalent à échéance 30 ans était à 5,18%, un sommet depuis 2007.
En Europe, le rendement de l'emprunt allemand à échéance dix ans atteignait 3,18%, contre 3,14% la veille, des niveaux comparables à 2011. Il était à seulement 3,04% jeudi soir. Son équivalent français était à 3,82%, contre 3,77% la veille. Et le taux italien à dix ans prenait 0,05 point par rapport à lundi soir à 3,97%.
Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche 17 mai provenaient d'Irak, où des groupes soutenus par l'Iran mènent des attaques contre la région du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
"Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien", a affirmé le ministère de la Défense émirati dans un communiqué.
Sébastien Lecornu a affirmé ce mardi qu'il envisageait de revoir les six milliards d'euros de gels et d'annulations de crédits prévus pour compenser l'"impact" de la guerre au Moyen-Orient sur les finances publiques.
"C'est une guerre et je pense que les 6 milliards d'euros que nous avons documentés devront être remis à jour, évidemment, dans les temps qui viendront", a déclaré le Premier ministre à l'Assemblée nationale.
Il répondait à une question du chef de file des députés Horizons, Laurent Marcangeli. A Matignon, on explique que cette "remise à jour" ne signifie pas forcément une hausse du montant de ces gels mais une répartition différente.
Sébastien Lecornu doit tenir jeudi une conférence de presse sur les conséquences économiques de ce conflit, qui fait flamber les prix des carburants à la pompe et renchérit les coûts dans plusieurs secteurs d'activité. Il présentera à cette occasion un "nouveau paquet" d'aides pour le mois de juin destinées aux secteurs les plus touchés, comme l'agriculture, la pêche ou le BTP.
Le Qatar a affirmé mardi que les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran avaient besoin de "plus de temps" pour aboutir, après que le président américain Donald Trump a dit avoir annulé une nouvelle attaque contre la République islamique.
"Nous soutenons les efforts diplomatiques menés par le Pakistan (...) pour rapprocher les parties et trouver une solution, et nous pensons qu'ils nécessitent plus de temps", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.
"Nous voulons protéger les populations de la région"
Donald Trump a assuré lundi sur sa plateforme Truth Social avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent qu'un accord est possible.
Interrogé à ce propos, le responsable qatari a dit "ne pas être mesure à ce stade de donner la moindre indication sur ce qui pourrait se passer dans les négociations". Mais, "nous voulons protéger les populations de la région, qui seraient les principales perdantes" en cas d'escalade, a-t-il ajouté.
Dans le Golfe, Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour les commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens.
La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale et fait flamber les cours du pétrole. Toujours à un niveau élevé, ceux-ci se sont toutefois calmés mardi, les marchés préférant retenir les déclarations optimistes de M. Trump: vers 09H40 GMT (11H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, perdait 1,55% à 110,36 dollars.
"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a répondu mardi le porte-parole de l'armée iranienne, Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.
Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique. Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.
Donald Trump a annoncé lundi avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.
Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.