Invité d'Europe 1 Matin Week-end, François Godement, conseiller spécial de l'Institut Montaigne pour l'Asie et les États-Unis, tire le bilan de la visite en Chine de Donald Trump. Une rencontre en forme de "demi-succès" sur de nombreux points pour Washington.
Un président reçu en grande pompe. Donald Trump a été reçu avec les honneurs en Chine par son homologue Xi Jinping. Mais derrière le protocole et les apparats, le président américain a-t-il obtenu ce qu'il souhaitait, notamment sur le dossier iranien et le détroit d'Ormuz ?
Une position plus "équilibrée" que prévue sur l'Iran
Pas vraiment selon François Godement, conseiller spécial de l'Institut Montaigne pour l'Asie et les États-Unis. "La Chine a adopté une position peut-être un tout petit peu plus équilibrée que prévue, notamment lorsque le gouvernement chinois avait reçu le prince héritier des Émirats arabes unis. Pékin avait dit 'il faut revenir à une circulation normale dans le détroit d'Arabie'. Ça visait bien sûr un peu les États-Unis implicitement et leur guerre. Mais ça ne laissait pas à l'écart l'Iran. Et c'est ça, évidemment, que Donald Trump aurait voulu approfondir. La Chine ne l'a pas fait. Elle ne l'a pas fait publiquement, en tout cas", pointe le spécialiste.
Quant aux gages obtenus par Donald Trump, notamment que Pékin ne vende pas d'armes à l'Iran, François Godement rappelle que "de toute façon, ce n'est pas dans la doctrine de la Chine". Une promesse qui ne sera pas très difficile à respecter donc.
Un contrat décevant pour Boeing
Quant à la commande d'avion Boeing par Pékin annoncée par Donald Trump, elle a en réalité fait baisser le cours de l'action du constructeur. "Chacun s'attendait à une commande plus importante. Il y a des grosses commandes d'Airbus qui sont dans la seringue depuis quelque temps, qui avaient été évoquées d'ailleurs pendant le voyage d'Emmanuel Macron, pour des montants plus importants." Alors que le chiffre de 500 Airbus circule, Pékin ne ferait l'acquisition, selon Trump, que de 200 Boeing, "donc c'est un demi-succès".
Un constat qui peut s'appliquer in fine à toute la visite de Donald Trump. Et si cette rencontre marque un réchauffement entre Washington et Pékin depuis la guerre commerciale entre les deux pays, force est de constater qu'il se fait à bas bruit.