Un premier cas français d’hantavirus des Andes a été recensé chez une passagère du navire Hondius. Très mortel, ce virus suscite des questions sur sa contagiosité et le risque épidémique.
Six ans après la pandémie de Covid, l’apparition d’un premier cas français d’hantavirus suscite de nombreuses questions. La patiente concernée est une passagère du navire Hondius. Elle a été rapatriée ce dimanche et se trouve désormais en réanimation, dans un état stable selon le gouvernement, au sein d’une unité d’isolement de l’hôpital Bichat, à Paris.
Quatre autres croisiéristes ont également été pris en charge à l’hôpital Bichat. Leurs tests sont négatifs, mais ils font l’objet d’une surveillance, compte tenu des incertitudes autour de ce virus. Contagiosité, dangerosité, risque épidémique : plusieurs points permettent déjà de mieux comprendre la situation.
"Que vous soyez jeune ou que vous soyez moins jeune, le risque n’est pas différent"
Ce que l’on sait d’abord de l’hantavirus des Andes, c’est qu’il est particulièrement dangereux. Son taux de létalité est estimé à environ 36 %, et selon l’épidémiologiste Philippe Amouyel, le risque de mortalité ne varie pas fortement selon l’âge.
"Que vous soyez jeune ou que vous soyez moins jeune, le risque n’est pas différent. En revanche, si vous êtes un peu plus fragile, votre probabilité de décéder est encore un peu plus élevée", explique Philippe Amouyel.
Les scientifiques disposent d’un précédent important pour évaluer ce virus. En 2018, un cluster d’hantavirus s’est déclaré en Argentine, après une fête d’anniversaire et les enterrements des premières personnes contaminées. Au total, 34 personnes ont été infectées et 11 sont décédées.
L'OMS recommande donc un confinement de 42 jours
Ce cas d’école a permis de mieux comprendre la dynamique de transmission. Une personne malade contamine en moyenne environ deux personnes. La transmission se fait par inhalation de gouttelettes de salive. Autre élément important : la maladie peut apparaître jusqu’à 45 jours après la contamination, ce qui complique la surveillance des personnes exposées.
C’est pour cette raison que les mesures d’isolement sont essentielles. Lors du cluster argentin de 2018, les chaînes de transmission ont été cassées lorsque des mesures strictes ont été appliquées aux cas contacts. Aujourd’hui, l’OMS recommande donc un confinement de 42 jours pour toutes les personnes considérées comme cas contacts.
Ce délai doit permettre d’éviter qu’une contamination passée inaperçue ne débouche sur une nouvelle chaîne de transmission. C’est cette stratégie qui avait permis, en Argentine, d’empêcher une épidémie plus grave.
À ce stade, l’inquiétude porte donc moins sur une diffusion massive déjà installée que sur la nécessité de contrôler rapidement les cas contacts. L’hantavirus des Andes est un virus très dangereux, mais son extension peut être limitée si les mesures d’isolement sont respectées.