Invité de la Grande Interview Europe 1-CNews, Franz-Olivier Giesbert décrit Jean-Luc Mélenchon comme "le plus doué de la classe politique, hélas", tout en restant très clivant. Il évoque aussi des propos de LFI qu'il juge ambivalents entre un discours démocratique et une rhétorique révolutionnaire, y voyant une tentation insurrectionnelle à gauche.
Lors de la Grande Interview Europe 1-CNews, Franz-Olivier Giesbert a livré une lecture critique de la classe politique, centrée sur Jean-Luc Mélenchon et certaines prises de position au sein de La France insoumise.
Il décrit Jean-Luc Mélenchon comme "le plus doué de la classe politique, hélas", tout en soulignant son fort caractère clivant dans l’opinion publique et sa capacité à polariser le débat. "Quand il fait un discours, ça s'écoute. Ce n'est pas le cas de tout le monde."
Mélenchon, une figure à part
Interrogé sur le rejet de Jean-Luc Mélenchon par une partie de l’opinion, Franz-Olivier Giesbert nuance : "70% des Français le voient comme un handicap pour la gauche, mais ça peut évoluer pendant une campagne. Il peut redevenir plus consensuel." Il ironise même sur la dynamique électorale : "Il va devenir tout mignon, et comme d'habitude, il fera peut-être autour de 20%."
Au-delà de la figure du leader, l'écrivain s’attarde sur certains cadres de LFI et leurs prises de position. Il cite notamment Manuel Bompard, qui évoquait récemment la possibilité de "mobilisations populaires puissantes mais non violentes" en cas de victoire du RN, ainsi que le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui a parlé d'"insurrection populaire" dans un scénario similaire.
Une ligne politique jugée ambigu
Pour Franz-Olivier Giesbert, ces propos traduisent une ligne politique plus radicale. "Ce discours est intéressant, car il révèle une ambivalence à LFI. D'un côté, un parti qui se revendique démocratique, de l'autre, une culture révolutionnaire assumée."
Il estime que cette double lecture traverse le mouvement : "Un jour, c’est un discours institutionnel, le lendemain, une rhétorique révolutionnaire. Les deux coexistent."
Il va plus loin en inscrivant ces références dans une tradition historique. Il rapproche certaines déclarations d'une logique "robespierriste", évoquant la pensée de la Révolution française en citant Maximilien de Robespierre : "Lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est le plus sacré des droits".
Selon lui, cette référence n'est pas anodine. "Il faut bien comprendre ce que cela signifie : il s’agit d'une vision où l'insurrection peut devenir un devoir politique." Il conclut sur une lecture plus large de la situation politique : "Une partie de la gauche française reste habitée par cette idée du grand soir. C'est une réalité qu'on ne peut pas ignorer."