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INFO EUROPE 1 - Les violences visant les forces de l’ordre sont en hausse de 19% au premier trimestre 2026

[CARLA BERNHARDT / AFP]

Dans plusieurs villes d’Île-de-France et d’Auvergne-Rhône-Alpes, les violences urbaines se sont multipliées ces derniers jours. Selon les informations d’Europe 1, les attaques visant les forces de l’ordre en France ont bondi de 19 % au premier trimestre 2026 par rapport au premier trimestre de l’année dernière.

Une explosion des violences envers les agents qui dénoncent une escalade inquiétante. Ces derniers jours, plusieurs villes françaises ont été le théâtre de violents affrontements, notamment en Île-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes. À Mantes-la-Ville ou encore à Rillieux-la-Pape, d’importants dispositifs de forces de l’ordre ont été déployés pour contenir les tensions.

Sur le terrain, les agents sont de plus en plus souvent pris pour cible. Selon le renseignement territorial, les violences visant policiers et gendarmes ont augmenté de 19 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période l’an dernier.

Un policier blessé par un laser au niveau des yeux

Depuis le début de l’année, les violences urbaines ont déjà fait au moins un blessé dans les rangs des forces de l’ordre dans une cinquantaine de villes françaises. Les exemples récents illustrent cette montée des violences.

Le 25 février dernier, à Lyon, un policier a été violemment lynché lors d’un contrôle. Il a dû être opéré pour une fracture du tibia. Trois jours plus tard, dans le quartier Saint-Jean à Avignon, un agent a été visé par un laser au niveau des yeux, entraînant deux jours d’incapacité de travail.

À ces agressions s’ajoutent des attaques contre des commissariats, notamment des tirs de mortiers recensés le mois dernier à Plaisir et Trappes.

Pour Stanislas Gaudon, policier et membre du bureau national du syndicat Alliance, la situation est alarmante : "c’est malheureusement le quotidien des policiers", admet-il. "Actuellement, nous sommes à 17 policiers blessés chaque jour à la suite d’une agression et non par un accident. Ces chiffres nous inquiètent fortement."

17 policiers blessés quotidiennement

Le syndicaliste estime que cette hausse s’inscrit dans une violence plus globale qui touche l’ensemble de la société. "Les forces de l’ordre n’échappent pas à la violence qui augmente de manière générale. Elle est en train de gangrener l’ensemble du territoire." Selon lui, cette multiplication des attaques s’explique aussi par un sentiment d’impunité : "il n’y a absolument plus la peur de l’uniforme ni la peur de la robe du magistrat."

Stanislas Gaudon appelle ainsi à une réponse pénale plus ferme : "Il ne peut pas y avoir d’aménagement ou de peines alternatives. La réponse doit être immédiate, ferme, avec de l’emprisonnement." Aujourd’hui, les violences contre un fonctionnaire sont passibles de trois ans de prison.

Une peine rarement appliquée dans les faits : en moyenne, les auteurs de violences envers les forces de l'ordre sont condamnés à environ huit mois d’emprisonnement. Face à cette situation, les policiers et les gendarmes réclament aujourd’hui un durcissement des sanctions et des passages systématiques par la case prison dès lors qu’un agent est pris pour cible.