Le djihadiste Charaf-Din Aberouz est jugé à Paris pour menaces de mort contre l’avocat Thibault de Montbrial, proférées lors du procès de l’attentat de Magnanville. Absent à l’audience et actuellement au Maroc, il conteste les faits, malgré des témoignages et des éléments matériels accablants.
C’est un procès qui s’ouvre ce lundi à Paris, en l’absence du suspect, déchu de sa nationalité et actuellement au Maroc. Le djihadiste Charaf-Din Aberouz, frère de Mohamed Lamine Aberouz, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité dans l’affaire de l’attentat de Magnanville, est jugé pour "menaces de mort".
La personne visée est une personnalité bien connue pour son engagement dans la défense des victimes du terrorisme : l’avocat Thibault de Montbrial. C’est d’ailleurs pendant le procès de Magnanville, dans lequel il défendait la famille de la policière assassinée, que ces menaces ont été proférées.
"T’inquiète, lui il est mort"
Les faits remontent au 6 octobre 2023. Le président des assises ordonne une suspension d’audience après une passe d’armes entre avocats. Charaf-Din Aberouz, alors assis sur les bancs du public, se lève. Il se dirige vers le box des accusés et s’adresse à son frère à travers la vitre. "T’inquiète, lui il est mort", dit-il en mimant un geste d’égorgement avec son index, en direction des bancs des parties civiles.
Thibault de Montbrial n’a pas assisté lui-même à la scène, mais les témoignages convergent, dont celui d’un gendarme responsable de la sécurité de l’audience. Aberouz conteste cette version, mais pour les juges d’instruction, les faits sont établis : il visait bien l’avocat par ces menaces.
Des photos et des messages découverts
D’autant que dans son téléphone, les enquêteurs ont découvert des photos et des messages mentionnant Me de Montbrial, dont l’un a été envoyé à un djihadiste passé à l’acte quelques semaines plus tard sur le pont Bir-Hakeim à Paris. Le suspect a déjà été condamné à cinq ans de prison pour terrorisme.
Cet islamiste radicalisé s’entraînait avec ses nouvelles recrues à égorger des lapins dans le parc de La Courneuve au début des années 2010. Il a aussi été condamné en 2023 pour menaces de mort contre un policier de l’antiterrorisme.