À Grenoble, près de 200 personnes ont participé dimanche à une marche citoyenne après une série d’homicides par arme à feu survenus mi-avril. Familles de victimes et habitants ont dénoncé l’escalade des violences liées au narcotrafic et appelé à des mesures urgentes.
À Grenoble, plusieurs centaines de personnes ont défilé dimanche après-midi lors d’une marche citoyenne pour dire stop à la violence et rendre hommage aux victimes. Un rassemblement organisé après trois homicides par arme à feu en moins d’une semaine, survenus mi-avril. Familles et habitants dénoncent notamment l’escalade de la violence liée au narcotrafic.
"Pas une balle de plus"
"Grenoble, stop à la violence, pas une balle de plus". Sur une banderole déployée en tête de cortège, ces mots ouvrent la marche blanche, derrière laquelle avancent des familles et proches de victimes, des jeunes, mais aussi des habitants de la ville.
À l’initiative de cette marche, Azzeddine Mhiyaoui, fondateur d’un club de boxe dans la ville, a décidé de l’organiser après avoir appris le décès du père de l’un de ses élèves. Ce père de trois enfants, âgé de 38 ans, videur dans une boîte de nuit, avait été tué par balles dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 avril, à la sortie de son travail, mi-avril, sur la place Notre-Dame, en plein centre-ville de Grenoble.
"Je suis allé à son enterrement. Je l’avais vu une semaine avant, il était venu inscrire son fils au club. Aujourd’hui, il faut que la politique prenne des décisions pour stopper toute cette violence et poursuivre un travail d’éducation important pour la jeunesse", réclame-t-il.
Aux côtés de l’ancien champion de boxe, Sonia porte le portrait du père de ses enfants. "Il était au mauvais endroit au mauvais moment. Il n’avait rien à voir avec le trafic de drogue. Dès que je sors, j’ai la boule au ventre, en me demandant si mes enfants ou moi allons rentrer vivants. On se dit : est-ce qu’on va prendre une balle perdue ?"
"On veut que ça s’arrête"
Parmi les participants à la marche, le frère et l’ex-compagne de Lilian Dejean étaient également présents. Ce chef du service de la propreté urbaine de la ville de Grenoble avait été abattu le 8 septembre 2024 alors qu’il tentait d’empêcher l’auteur d’un accident de la route de prendre la fuite.
"Je ne veux pas qu’on oublie Lilian. On veut que ça s’arrête, que la violence, les tueries à Grenoble, dans toutes les villes, on veut que ça s’arrête", insiste Sophie, l’ex-compagne de la victime. "Ça n’avance pas tant que ça, mais il ne faut pas lâcher l’affaire. C’est dur, mais c’est bien de se rassembler. Si ça peut faire avancer certaines choses, on le fera tant qu’on pourra", assure Lichouki, le frère de Lilian Dejean.
La maire de Grenoble, également présente au rassemblement, a rencontré le ministre de l’Intérieur il y a une dizaine de jours. Un pacte de coopération devrait être mis en œuvre d’ici l’été, avec notamment un renforcement des moyens.