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Afrique du Sud, Rwanda, Corée du Sud... Pourquoi tant de pays cherchent à intégrer le calendrier de la Formule 1 ?

Afrique du Sud, Rwanda, Corée du Sud... Pourquoi tant de pays cherchent à intégrer le calendrier de la Formule 1 ? [Alex Bierens de Haan / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP]

Le 24 avril dernier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé le retour de son pays au calendrier de la Formule 1 à partir de la saison 2027. L'Istanbul Park a signé un contrat de cinq ans. La Turquie n'est pas le seul pays qui a tenté d'intégrer la F1. Depuis quelques années, les candidatures s'accumulent sur le bureau de la FIA. Mais pourquoi ? 

Six ans après sa dernière édition, le Grand Prix de Turquie signe son retour dans la catégorie reine du sport automobile. Après l'arrivée de Madrid et le retour de Portimao, la Turquie sera présente au calendrier pour les cinq prochaines saisons. 

En coulisses, d'autres pays cherchent à entrer en Formule 1, malgré un calendrier ultra chargé de 24 manches. Mais qu'est-ce qui fait que ce sport attire autant de pays et d'investisseurs ? 

LA F1 est devenue un des sports les plus suivis au monde

Car il faut se souvenir qu'à la fin des années 2000, la Formule 1 semble être en bout de course. Les audiences sont au plus bas, le sport semble inaccessible et surtout fait pour une catégorie bien précise du public, les fameuses "après-midi sieste" devant une course. Mais un virage s'est opéré au cœur de la décennie 2010. 

En janvier 2017, l'entreprise américaine Liberty Media rachète officiellement le Formula One Group, propriété de Bernie Ecclestone, pour un montant de huit milliards de dollars. À partir de cette date, la discipline va connaître une métamorphose dans la manière de la faire exister. 

Avant, la Formule 1 était très secrète, il était impossible de diffuser des images du paddock ou de ce qu'il se passait en interne dans les équipes. Depuis 2017, la F1 est partout sur les réseaux sociaux. La couverture médiatique des courses est bien plus fournie. On ne parle plus seulement des voitures, on en sait plus sur ceux qui les pilotent, sur le dirigeant de l'équipe, jusqu'aux ingénieurs de course. 

La création de la série Netflix Drive to Survive, en 2019, a créé un engouement phénoménal pour la Formule 1, créant des personnages, des rivalités, des histoires. Tout ce qu'il fallait pour faire de la discipline l'une des plus suivies dans le monde. Et par un public de plus en plus jeune, 32 ans en moyenne, contre 36 en 2017. Hollywood a également surfé sur la vague avec le film sobrement appelé... F1. Porté par Brad Pitt, ce dernier a généré plus de 600 millions de dollars de recettes dans le monde. 

Des millions de dollars de bénéfices 

Aujourd'hui, lorsqu'un pays reçoit un Grand Prix de Formule 1, il ne reçoit pas seulement une course, mais un sport en excellente santé, générant 3,9 milliards de dollars en 2025, soit une augmentation de 14% par rapport à 2024. Un Grand Prix devient une sorte de festival pendant trois jours avec de nombreuses activités disponibles autour du circuit. 

La F1 permet à un pays de connaître une formidable exposition et les retombées économiques sont donc importantes, notamment dans le secteur de l'hôtellerie par exemple. En moyenne, un Grand Prix génère entre 150 à 200 millions de dollars de retombées, même si certains circuits constituent des exceptions. 

Selon le Las Vegas Review Journal, la première édition de la course dans le Nevada, en 2023, a eu un impact économique d'1,3 milliard de dollars. Si le droit d'entrée dans la discipline se situe entre 20 et 55 millions de dollars en fonction des pays, ces derniers sont donc assurés de faire un bénéfice. 

Il n'y a pas que les pays qui investissent massivement dans la discipline en ayant la quasi-certitude d'avoir un bon retour sur investissement, il y a aussi les entreprises privées. Ainsi, LVMH a décidé d'investir 100 millions de dollars par an pendant dix ans, devenant ainsi un partenaire mondial de la F1 avec ses marques Louis Vuitton, TAG Heuer et Moët & Chandon. 

Des projets en Amérique latine mais aussi en Afrique

La Formule 1 est une vitrine exceptionnelle, et ça, de nombreux pays en ont pris conscience et souhaitent en profiter. Ainsi, en avril 2026, la Corée du Sud a présenté un nouveau projet de Grand Prix dans les rues de la ville d'Incheon, à l'ouest de Séoul. Organiser un tel événement permettrait à la ville de devenir "une cité de rang mondial", selon son maire. L'objectif est d'intégrer le calendrier dès 2028. 

Il y a également le projet du gouvernement indien. Le ministre des Sports indien a même annoncé toujours en avril que son pays allait organiser un Grand Prix dès 2027. Une affirmation démentie par la F1, mais le projet d'un retour du Grand Prix d'Inde, sur le Buddh International Circuit qui avait accueilli la Formule 1 entre 2011 et 2013 serait bien sur la table, mais à moyen terme. 

L'Argentine a également des rêves de Formule 1. Avec Franco Colapinto chez Alpine, les Argentins espèrent un jour accueillir le héros national sur leurs terres. L'Autódromo Oscar y Juan Gálvez de Buenos Aires est en cours de rénovation. L'objectif est d'obtenir le Grade 1 de la FIA qui permettrait au circuit d'accueillir un Grand Prix dès 2028. Une réunion entre les promoteurs. 

Deux pays africains sont également intéressés par l'organisation un Grand Prix. L'Afrique du Sud nourrit ce projet depuis plusieurs années déjà. Le pays a déjà accueilli la discipline entre les années 1960 et 1990, notamment sur le circuit de Kyalami. Le Rwanda aimerait profiter de l'exposition de la Formule 1 pour accélérer son développement économique et structurel grâce aux investissements qui en découleraient. 

Et enfin le Maroc s'est également positionné avec un projet dans le sud de Tanger. Avoir un calendrier avec une épreuve africaine est un des objectifs affichés par Lewis Hamilton qui ne veut pas quitter la discipline avant de rouler sur le continent qui n'a plus accueilli la F1 depuis 1993.