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INFO EUROPE 1 – Assemblée nationale : sur les 171 sanctions accordées sous la Ve République, les élus LFI sont les plus réprimandés en à peine 10 ans d’existence

INFO EUROPE 1 – Assemblée nationale : sur les 171 sanctions accordées sous la Ve République, les élus LFI sont les plus réprimandés en à peine 10 ans d’existence [Xose Bouzas / Hans Lucas / AFP]

Rappels à l'ordre, retenues sur indemnités, exclusions temporaires... Les sanctions contre les députés se multiplient depuis 2017. Celles-ci sont passées de 26 entre 1958 et 2016 à 145 sur les dix dernières années, soit une explosion de près de 85%. Selon les informations Europe 1, plus de la moitié des mesures disciplinaires accordées sous la Ve République visent des élus LFI. 

La violence qui traverse la société n'épargne pas la vie politique. À l'Assemblée nationale, invectives, provocations et coups d'éclat rythment de plus en plus souvent les débats, au point d'entraîner une explosion des sanctions disciplinaires contre les élus. 

Rappels à l'ordre, retenues sur salaire, voire exclusions temporaires de l'hémicycle : ces mesures n'ont jamais été aussi nombreuses sous la Ve République

Des sanctions devenues fréquentes 

Depuis 1958, 171 sanctions ont été prononcées à l'encontre de députés, donc la plupart depuis 2017. Mais un fait marquant se dégage : plus de 90 d'entre elles concernent des élus de La France insoumise. Un chiffre d'autant plus notable que le mouvement n'a été fondé qu'en 2016. 

Ce phénomène s'inscrit dans une tendance plus large. Avant 2017, on comptait en moyenne une sanction tous les deux ans. Depuis, le rythme s'est considérablement accéléré, atteignant environ 14 sanctions par an, soit plus d'une par mois. Une évolution qui traduit un durcissement du débat politique et des tensions plus vives entre les groupes parlementaires. 

Sanctions collectives 

Dans le détail, la plupart des sanctions restent des rappels à l'ordre, parfois assortis d'une inscription au procès-verbal ou d'une retenue financière. Certains épisodes ont marqué les esprits. 

En avril 2023, une soixantaine de députés insoumis avaient brandi des pancartes dans l'hémicycle pour protester contre une réforme du travail, provoquant une vague de sanctions. Plus récemment, en mai 2024, Sébastien Delogu avait été exclu 15 jours et privé de la moitié de son indemnité pendant deux mois pour avoir brandi un drapeau palestinien. 

Au palmarès des députés les plus sanctionnés figure François Ruffin, avec cinq mesures disciplinaires, notamment pour le port d'un maillot de football dans l'hémicycle ou des invectives adressées à des ministres. Derrière lui, Danièle Obono, Thomas Portes et Sébastien Delogu comptent chacun trois sanctions. 

"Un culte du buzz"

Pour certains observateurs, cette accumulation ne relève pas du hasard. Elle s'inscrit dans une stratégie assumée de mise en visibilité : "Il y a un culte du buzz", analyse le politologue Benjamin Morel, soulignant que ces prises de parole spectaculaires, largement relayées médiatiquement, exposent mécaniquement leurs auteurs à des sanctions. 

Si La France insoumise arrive largement en tête, le Rassemblement national constitue le second groupe le plus sanctionné ces dernières années. Le reflet de débats de plus en plus polarisés entre formations aux positions radicalement opposées.