Voilà des semaines que les automobilistes scrutent chaque centime quand ils vont faire le plein de carburant. Le prix du litre est largement au-dessus des deux euros, jusqu'à 2,89 dans le centre de Paris. Une question revient en boucle ces dernières heures, les distributeurs profitent-ils du conflit au Moyen-Orient pour gonfler leur marge sur les carburants ?
Le conflit au Moyen-Orient entre les États-Unis et l'Iran profite-t-il aux distributeurs de carburants ? C'est une question que se posent des millions d'automobilistes depuis plusieurs semaines.
"Ça me choque"
S'il y a deux jours, le ministre des PME et du pouvoir d'achat, Serge Papin, a affirmé que les distributeurs jouaient le jeu, un document de travail du gouvernement révèle une toute autre réalité. Selon ce document, leur marge brute serait passée de 30 centimes par litre en moyenne au début de l'année, à près de 40 et jusqu'à 50 centimes dans certaines stations.
Concrètement, la marge brute est l'écart entre le prix d'achat du carburant par une station et le prix affiché à la pompe hors taxe. Certains réseaux afficheraient toujours une marge brute supérieure de plus de 30% par rapport à d'habitude.
À la pompe d'une station parisienne qui affiche 2,35 euros le litre de gasoil, Issa vient de faire le plein : "Ça me choque parce qu'en fait, ils profitent de la crise pour augmenter les prix, alors que, normalement, en temps de crise, on est censé être solidaires".
Dans une autre station-service parisienne, Elsa, elle, ne fait qu'un demi plein et déplore que l'on puisse profiter de la crise : "Est-ce que je suis étonnée ? Pas vraiment malheureusement. Je trouve que c'est dommage, si c'est vraiment avéré, que les grands distributeurs ne jouent pas le jeu et ne se sentent pas finalement si concernés par les difficultés économiques des Français".
Le ministère de l'Économie affirme, selon Le Figaro, ne pas avoir connaissance de ce document de travail, dément les chiffres qui y sont mentionnés. Mi-avril, le gouvernement avait évoqué un projet de décret pour plafonner les marges des distributeurs et les appelle à publier leurs marges brutes de façon hebdomadaire.