Face à la flambée des prix à la pompe, le gouvernement songe à mieux encadrer les marges des distributeurs. Objectif : réduire les prix en station et éviter qu'un effet d'aubaine. Mais est-ce vraiment au bénéfice du consommateur ? Europe 1 s'est penchée sur la question.
Toujours aucune baisse des taxes n'est prévue sur les prix du carburant. Face à la flambée des prix à la pompe, le gouvernement songe désormais à mettre les marges des distributeurs sous surveillance. Le mécanisme imaginé démarrerait dès lors que les prix dépasseraient les 1,71 euros le litre, comme c'est le cas depuis plusieurs semaines à cause de la guerre en Iran.
L'exécutif pointe du doigt les marques et estime que ces derniers profitent de la guerre en Iran pour se remplir les poches. Mais lorsque l'on se penche sur les chiffres, cela ne saute pas aux yeux.
"Ça permettra de baisser les marges de 1 centime"
Ainsi, avant la guerre, la marge des distributeurs par litre de diesel s'établissait à 28 centimes. Aujourd'hui, avec un gasoil à 2,31 euros le litre en moyenne, elle est de 27 centimes. Il n'y a donc pas de dérapage de la part des distributeurs, et la mesure du gouvernement ne changerait pas les prix affichés en station.
Une idée vivement critiqué chez La France insoumise comme au Rassemblement national. "Ça permettra de baisser les marges de 1 centime. Donc au lieu d'avoir 2,32 euros, on aura 2,31 euros à la pompe. Bravo Sébastien Lecornu", félicite le député RN de la Somme, Jean-Philippe Tanguy.
Côté taxes, toujours aucune baisse annoncée, malgré que les prélèvements de l'État représentent plus d'un euro sur chaque litre de carburant. La mesure serait pourtant la plus rapide et la plus visible pour soulager les budgets des automobilistes, à l'image de ce qu'il s'est fait en Allemagne, en Italie ou en Espagne. Enfin, dans la majorité, on fait remarquer que les prix sont fixés à l'international par les producteurs de pétrole. Le brut et son raffinage représentent là encore autour de 1 euro par litre aujourd'hui.